Bandeau
Communauté catholique des Alpes de Haute Provence
Slogan du site

digne.eveche@wanadoo.fr

Obsèques du Père Diaz
Article mis en ligne le 6 juin 2013
logo imprimer
Enregistrer au format PDF

Père André DIAZ
(1947-2013)

C’est parce que son père, militaire de carrière était en garnison à Kehl, en Allemagne, qu’André y vit le jour le 2 juin 1947. Il allait donc y avoir 66 ans dans 2 jours. Après Richard, il est le second des deux fils du couple de Juliette et Marcel Diaz.

A la fin de la période d’occupation alliée en Allemagne, la famille Diaz retourne en Algérie, terre qui avait vu naître Juliette et Marcel. Les dramatiques et douloureux évènements de la guerre d’Algérie les obligent à quitter une maison, des amis et une terre. Comme un million d’autres pieds-noirs ils arrivent en métropole, où ils n’étaient pas vraiment attendus, et c’est à Manosque, comme beaucoup d’autres, qu’ils arrivent en 1962. André à 15 ans.

Après un temps de scolarité au Lycée Esclangon de Manosque, André intègre le séminaire d’aînés de Vienne, en Isère, avant de rejoindre le grand séminaire d’Aix-en-Provence. Au terme de ses deux années de philosophie, et pour satisfaire à ses obligations envers la Nation, il choisit la coopération. Tenté par l’Egypte puis le Liban, c’est finalement au petit séminaire Saint Marcel de Sibut, en République Centrafricaine, qu’il enseignera, pendant deux ans, l’instruction religieuse, le français, l’histoire-géographie et donnera des cours de chants.

A son retour d’Afrique, André terminera sa formation sacerdotale au grand séminaire de Marseille et sera ordonné prêtre à Manosque par Mgr Bernardin Collin, le 14 juin 1975. Il sera successivement, vicaire à Saint Auban (1975-1977), vicaire à Digne et chargé du lycée (1977-1982), vicaire à Manosque (1982-1984), curé-archiprêtre de Sisteron (1984-1986). Entre 1986 et 1988, il retourne à Digne où Mgr Abelé le nomme directeur de l’enseignement religieux. En 1988, il retourne à Manosque où il demeurera jusqu’en 1998, date de sa nomination de curé de Gréoux-les-Bains, archiprêtre du Plateau des Lavandes. Outre ses missions paroissiales, André sera également chargé, tour à tour, du centre diocésain d’information, des séminaristes, de la coopération missionnaire, mais ils sera aussi prêtre accompagnateur du diaconat et, dernièrement, de la pastorale de la santé. Il sera également, pour un temps, membre du conseil épiscopal de notre évêque, Mgr Loizeau.

André était un amoureux de la Parole de Dieu, cette parole qu’il a méditée, savourée et dont il savait si bien transmettre et faire partager la saveur. Il aimait également le chant et il avait d’ailleurs une voix magnifique. Nous n’oublierons jamais, notamment, le chant des litanies des saints qui lui était souvent confié lors des ordinations.

Parmi tous les qualificatifs pour décrire André, c’est le mot attachant qui me semble le mieux convenir. Attachant par sa gentillesse, son sens de l’accueil, son caractère jovial.
André avait vraiment le sens de la relation pastorale. Nombreux sont les témoignages de sa qualité d’écoute et d’accompagnement des personnes. Il aimait le contact. Mais dans sa vie personnelle, il était plutôt solitaire. Il a dû souvent éprouver la solitude malgré les sollicitations de sa famille, de ses proches, de ses paroissiens. La mort de sa maman, notamment, à laquelle un lien quasiment fusionnel l’unissait, le laissera profondément désemparé même s’il n’en montra rien à l’extérieur. Son extrême sensibilité, doublée d’une très grande pudeur, ne l’ont pas aidé à se confier, à s’appuyer sur d’autres. Il aura parfois tendance, à certains moments, au repli sur lui-même.

Nous étions conscients de ses fragilités mais peut-être que, par timidité, dans un excès de pudeur et de respect humain, parce qu’il était tellement gentil, attachant et avec mille qualités, parce qu’il se protégeait et se dérobait, nous n’avons pas su, pas pu, aborder toujours franchement ces questions avec lui. L’amour est parfois impuissant à aider l’être aimé…Une phrase prononcée dans une homélie reflète sans doute bien les sentiments qui ont du habiter le cœur d’André : ‘‘Chacun de vous est invité à entrer dans la famille éternelle. Alors, c’en sera fini de notre solitude’’.

La dernière année de sa vie sera particulièrement éprouvante pour lui : de ce qui semblait être un problème bénin au pied, il devra affronter l’aggravation de son mal qui conduira même jusqu’à une amputation. Il a assumé les différents diagnostics avec beaucoup de sérénité et jamais, du moins à l’extérieur, il n’a manifesté d’abattement ou de découragement. Il savait être fort. Il su toujours faire preuve d’un optimisme remarquable. Quelques heures à peine avant le déclenchement et l’envahissement de l’infection qui devait finalement l’emporter, il se réjouissait de pouvoir monter les marches d’escalier avec sa prothèse provisoire et il envisageait de revenir dans l’équipe de Digne… Durant les cinq derniers mois de sa vie passés à l’hôpital ou en maison de rééducation, il a continué, autrement, mais réellement son ministère de prêtre, partageant la souffrance des autres patients, parlant avec le personnel soignant qui n’hésitait pas à l’interroger, à se confier à lui.

André nous quitte tellement subitement ! Nous n’avons pas eu le temps de nous dire au-revoir. Un goût d’inachevé nous habite, des regrets, des culpabilités, peut-être, sans doute. Un sentiment de frustration peut nous habiter de n’avoir pas su, pas pu, mieux, plus intensément vivre avec lui certaines relations. Tout cela est humain. Mais André n’est plus dans cette dimension. Tout de lui, ses belles et grandes zones de lumière, ses fragilités (qui n’en n’a pas ?), sont maintenant totalement en Dieu. Nous savons qu’il n’y a pas de cloison étanche entre la terre et le cœur de Dieu, qu’on appelle le ciel. André est prêtre pour l’éternité. Il continue son ministère sacerdotal d’intercession pour sa famille de chair, pour sa famille ecclésiale.

Je voudrais vous laisser avec une autre phrase d’une homélie d’André : « Le 1er dimanche de carême, nous découvrons, avec Jésus au désert tenté par le diable, qu’il nous arrive de nous trouver « sous le soleil de Satan »… Ne soyons pas paniqués. Cette révélation nous incite encore plus à nous placer sous le regard du Père qui veut nous réconcilier avec lui, nous renouveler dans son alliance, en un amour plus fort que toutes les puissances du mal ». Chers amis, si cette phrase d’André était le résumé de son histoire, le résumé de la nôtre ?

André c’en est fini pour toi de la solitude, des tentations au désert. Dans le regard et les bras du Père qui vont laver ton regard, tu n’es plus seul. Tu es dans la famille éternelle de Dieu, tu y retrouves tes chers parents, mais aussi ces femmes et ces hommes que tu as accompagnés dans ton ministère de prêtre. C’est nous qui sans toi sommes maintenant un peu plus seuls sur la terre. Que l’attention fraternelle, le soutien réciproque et la bienveillance deviennent vraiment les marques de notre façon de vivre, les marques de notre communauté ecclésiale de Haute-Provence, fragile, fragilisée un peu plus par ton départ, pauvre mais sûre de la miséricorde du Père plus forte que tous les découragements qui peuvent nous habiter. Adesias André, et merci de tout ce que tu nous as apporté au cours de ces 38 ans de ministère parmi nous. Tout, malgré tout, tout est grâce !

Christophe Disdier-Chave
le 31 mai 2013.

Témoignage de l’équipe d’animation pastorale

Nous voulons te rendons grâce, Père très saint, pour ce regard nouveau que ton amour nous donne sur ce passé du Père Diaz avant son arrivée dans notre archiprêtré de Bléone.
Voilà que nos rencontres avec lui, se révèlent à nous, plus profondes et plus belles.
Comment ne pas oublier sa présence active auprès des équipes du MCR, des enfants de la catéchèse , - en paroisse ou au Sacré Cœur - ;
auprès des familles lors de la préparation aux baptêmes, des mariages ;
ou encore avec les catéchumènes ou les jeunes adultes.
Sans omettre les équipes de funérailles.
Son profond respect pour toutes les personnes, spécialement avec les animateurs qui travaillaient avec lui, témoignait de l’esprit de service en Lui.
La compassion et la discrétion lui était spontanés ; dans l’accompagnement des malades à la Maison de Retraite du Bourg, comme dans le cadre de la Pastorale de la Santé, locale comme diocésaine.
Il s’est montré fidèle en amitiés en particulier avec ses copains de longue date Michel Berlengue et Michel Deletang.
Mais il avait par-dessus tout la passion de la Parole de Dieu ; il ne cessait de chercher dans ses lectures nombreuses à la rendre plus accessible, tant lors de propositions de partages bibliques que dans toutes ses homélies.
Enfin, malade, très malade lui-même, alors qu’il ait accompagné nombres de personnes souffrantes, il a toujours été à côté d’eux à Lourdes, il n’a jamais quitté l’Espérance dont il voulait témoigner. Il s’est laissé à son tour guidé par les acteurs de la pastorale de la santé à Marseille.
Mais nous voulons surtout garder de lui son visage bon enfant, souriant, qui sans peut être qu’il le veuille, nous faisait transparaitre le visage gracieux de Dieu selon cette belle expression qui était la sienne. Et sans doute était-ce dû également à sa profonde dévotion à Marie.



pucePlan du site puceContact puceEspace rédacteurs pucesquelette puce

RSS Valid XHTML 1.0 Strict

-2018 © Communauté catholique des Alpes de Haute Provence - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.84.32