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Kermesse des missions 9 juin 2013, le message homélie de Mgr Bala
Article mis en ligne le 24 juin 2013
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KERMESSE DES MISSIONS
Digne, le 09 juin 2013
10e dimanche ordinaire C

« En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : ’’ne pleure pas’’ ».

Cher Monseigneur, mon « frère jumeau »,
Chers confrères et amis,

Heureux de participer à l’édition 2013 de la Kermesse des Missions, je me fais le devoir, avant tout, de vous transmettre les salutations fraternelles des fidèles du diocèse de Bafia. C’est l’expression de la grande amitié créée et entretenue par la Kermesse grâce à laquelle, en l’an 2000, s’est ouvert le chemin du Jumelage ecclésial de nos deux diocèses.
Mon séjour parmi vous intervient six mois après le pèlerinage-visitation effectué au Cameroun par le Père Christian VIAN, des membres de la Kermesse des Missions, du Comité de jumelage, des Equipes Notre Dame, et quelques autres fidèles, tous désormais amis du diocèse de Bafia et témoins des bienfaits d’une relation qui grandit lentement mais sûrement. Chaque jour qui passe voit s’élargir les horizons de l’amitié et de la fraternité entre Digne et Bafia. C’est le fait, sans doute, de notre volonté commune ; mais Claude Bayle a raison de dire que « Dieu est à l’œuvre ».
C’est Dieu, effectivement, qui donne la croissance et la fécondité à notre relation. Voilà pourquoi, tout logiquement, nous ouvrons cette journée par l’Eucharistie afin de célébrer l’amour infini de Dieu pour nous et pour tous les hommes. C’est cet amour que Jésus, dans l’Evangile de ce dimanche, manifeste à une veuve de Naïm qui a perdu son fils unique et qu’une foule de gens accompagnent au cimetière. Ayant vu la veuve, Jésus s’arrête, saisi de pitié pour elle ; la pitié, cet amour qui fait sortir de soi pour s’intéresser aux autres, les aimer avant soi, se sacrifier pour eux.
Face aux difficultés qu’éprouvent les hommes pour construire une monde fraternel et de bonheur partagé, le grand besoin est de redécouvrir cet amour, la pitié qui supplante l’indifférence et incite à porter le souci les uns des autres, surtout des plus faibles, des plus désespérés, des plus pauvres, à la manière du Christ. La Kermesse des Missions est née de cet amour, cette pitié nourrie d’une année à l’autre, et inscrite désormais dans une longue chaîne de solidarité par les membres de la Kermesse des Missions et toutes les personnes qui appuient leur œuvre au bénéfice des enfants, des jeunes, des hommes et femmes de Yoko, Ndjolé, Ngaoundal et Bafia au prise avec la misère et toutes sortes d’épreuves de la vie.
Cette œuvre, assurément, renouvelle la scène de Naïm et donne à la Kermesse des Missions d’être la bouche de Jésus, pour dire les mêmes paroles que Jésus : « ne pleure pas » ; des paroles de tendresse et de consolation à l’adresse de ceux dont la vie n’est point rose au Cameroun. L’œuvre de la Kermesse des Missions actualise la bonté et la tendresse de Jésus. Je dirais qu’il s’agit d’une œuvre de foi ; une œuvre pour vivre et transmettre la foi. L’Année de la foi est alors une occasion propice pour sonder un peu plus le sens de cette œuvre dont le mérite serait de pouvoir projeter vers l’essentiel de la foi en Dieu : la charité, l’amour.

Jésus a enseigné que l’amour de Dieu et du prochain résume la loi et les prophètes. Il a souligné l’importance décisive de l’amour fraternel : « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13,35). Saint Paul a su traduire la radicalité de cette orientation fondamentale : « Si je n’ai pas la charité, je ne suis rien » (cf. 1Co 13,1-3). C’est par le témoignage de charité que les hommes parviendront à construire un monde fraternel et de bonheur partagé. La charité appelle à la fois le souci des autres et la communion des cœurs. Voilà pourquoi l’entraide qui découle du souci des autres n’atteint sa finalité ultime que lorsqu’elle réalise la communion des cœurs. L’Apôtre Paul donne de le comprendre dans cette affirmation de prime abord paradoxale : « quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, (…), si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien » (1Co 13,3). L’essentiel est dans la communion des cœurs.
Par conséquent, qu’il s’agisse du jumelage ou de la Kermesse des Missions, en chacun de leurs divers volets, la finalité ultime doit être la communion des cœurs. L’expérience concrète des liens établis entre Digne et Bafia montre que le grand bien que nous en tirons, ce sont la fraternité, l’amitié et l’estime qui se développent au long des années entre nous. Une affaire de cœur.
En comptant sur le secours de Dieu, nous continuerons à travailler, à Bafia comme à Digne, pour que la dynamique en cours fasse boule de neige, et que, de part et d’autre, s’élargisse le cercle de la participation. Ainsi, dans les deux diocèses, le jumelage deviendra progressivement l’affaire de tous : des laïcs, consacrés et clercs, pour un bonheur de l’amitié toujours plus largement partagé. La participation de tous ira de pair avec la communion, selon l’orientation donnée par Vatican II en vue d’une « Eglise de participation et de communion ». Cela sera d’autant à considérer que, désormais, le jumelage se déploie à travers des expériences diverses : prière, rencontres, voyages, kermesses, pèlerinages, entraide et autres échanges. Tout cela, à vivre dans l’harmonie, doit favoriser la communion fraternelle. Le Christ continue à nous exhorter : « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13,35).
Une des exigences majeures de l’Année de la foi est de redécouvrir la foi qui opère par la charité. La charité doit articuler le souci des autres et la communion des cœurs. Mais d’abord, il faut articuler la foi et la charité. Benoît XVI a rappelé la nécessité de cette articulation : « la foi sans la charité ne porte pad e fruit, et la charité sans la foi serait un sentiment à la merci du doute. Foi et charité se réclament réciproquement, si bien que l’une permet à l’autre de réaliser son chemin » (Porta Fidei, N° 14). Le jumelage et la Kermesse des Missions sont des lieux où la foi et la charité se réclament réciproquement ; la foi pour nourrir la charité, et la charité pour nourrir la foi.
Rendons grâce à Dieu qui, chaque jour, saura recharger nos cœurs de foi et de charité, et faire de nous des acteurs déterminés de la nouvelle évangélisation dans laquelle introduit l’Année de la foi. Rendons grâce à Dieu qui a suscité la Kermesse des Missions. Elle participe à la mission ecclésiale en faisant découvrir un Dieu bon et compatissant qui s’intéresse à la vie des hommes. Que ce Dieu bénisse les membres de la Kermesse des Missions et tous leurs bienfaiteurs. Qu’il bénisse nos communautés diocésaines en jumelage ; qu’il donne au tissus ecclésial de mieux s’établir et se consolider aussi bien à Digne qu’à Bafia, en vue d’un témoignage de foi et de charité toujours plus pertinent. Nous dirons avec Saint Paul : « maintenant donc demeurent foi, espérance et charité, ces trois choses ; mais la plus grande d’entre elles, c’est la charité » (1 Co 13,13). A vous tous et à chacun je dis de tout cœur merci pour votre charité.

Je termine en évoquant le fait malheureux de l’enlèvement, il y’a quelques mois, d’une famille française au Nord Cameroun, à la frontière avec le Nigéria. La force de négociation a pu obtenir la libération des otages. Par la suite, des mesures particulières de sécurité ont été prises pour accroître la vigilance. Aucune crainte ne devrait donc habiter ceux qui voudraient visiter le Cameroun. Alors, soyez les bienvenus à Bafia où, en décembre prochain, sera inaugurée la Bibliothèque diocésaine construite grâce à l’aide financière de l’Aumônerie scolaire de Manosque, avec la contribution de la Kermesse des Missions.
Je remercie Monseigneur François-Xavier pour le chemin parcouru, lui et moi, depuis 2003 grâce aux liens du jumelage. Il y a dix ans, il a pris part à mon ordination épiscopale à Bafia. Les vœux qu’il formule pour moi, au nom de vous tous à l’occasion de cet anniversaire, me vont droit au cœur. Merci de tout cœur, frère jumeau ! Merci à vous tous qui soutenez les liens du jumelage dont nous tirons tant de bien. Que Dieu vous bénisse ; qu’il bénisse la Kermesse des Missions ; qu’il bénisse l’amitié entre Digne et Bafia, pour notre salut et sa plus grande gloire, dans les siècles des siècles. Amen.

+Jean-Marie Benoît BALA
Evêque de Bafia.



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