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Cérémonie dite « des vœux » à Digne, le 10 janvier 2014
Article mis en ligne le 10 janvier 2014
dernière modification le 13 février 2014
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 Cérémonie dite « des vœux »

Digne, le 10 janvier 2014,

 

Mot d’introduction

 

         Comme chaque année en ces mêmes temps du début janvier, nous aimons nous rassembler en cette cathédrale, symbole de notre unité, pour nous offrir les vœux de bonne et sainte nouvelle Année. Réjouissons-nous ensemble dans le Seigneur, Lumière d’Epiphanie !

Et merci pour les vœux que vous m’offrez en cette année, la dernière parmi vous. J’en suis profondément touché et je remercie le vicaire général de les avoir portés en votre nom. Et recevez de ma part les vœux les meilleurs que je porte dans mon cœur de pasteur, vœux qui se traduiront avec les sentiments de foi, d’espérance et d’amour que portent les lectures de ce jour.

         Ce sont en effet les textes liturgiques de ce temps d’après Epiphanie qui orientent notre prière commune. Ils sont comme autant d’épiphanies par lesquelles le Seigneur Jésus se révèle à nous comme une « Bonne Nouvelle » et les lectures de la première lettre de St Jean nous redisent inlassablement que Dieu s’y révèle dans son Amour infini.

         Aujourd’hui précisément, le texte évangélique nous montre un Jésus dans sa mission de guérison : il purifie un lépreux et de grandes foules se pressent pour se faire guérir de leurs maladies.

         Nous aussi, accourrons vers Jésus comme ce lépreux. Même sans lèpre extérieure, nous pouvons apprendre du désir de cet homme, en reconnaissant notre lot de misères, face contre terre devant celui qui est le Sauveur. Croyons-nous vraiment que Jésus « peut » nous guérir ? En tout cas, lui, Jésus le « veut » ! Et cela est premier dans notre prière de demande de pardon.

 

Luc 5, 12-16

 

         Comme Jésus, touché par ce lépreux, nous aussi, ministres ordonnés et fidèles laïcs, nous pouvons entendre la demande, le « cri » des hommes et des femmes d’aujourd’hui qui veulent être sauvés (et ils sont plus nombreux que nous pourrions estimer…).

         Dans l’Exhortation intitulée « La joie de l’Evangile », que le Pape François vient de nous donner, il est dit explicitement : « Chaque chrétien et chaque communauté sont appelés à être instruments de Dieu pour la libération et la promotion des pauvres… Ceci suppose que nous soyons dociles et attentifs à écouter le cri des pauvres et à le secourir (187). L’Eglise a reconnu que l’exigence d’écouter ce cri vient de l’oeuvre libératrice de la grâce elle-même en chacun de nous. Il ne s’agit donc pas d’une mission réservée seulement à quelques-uns. L’Eglise, guidée par l’Evangile de la miséricorde et par l’amour de l’homme, entend la clameur pour la justice et veut y répondre de toutes ses forces. Dans ce cadre, on comprend la demande de Jésus à ses disciples : Donnez-leur vous-mêmes à manger. Ce qui implique autant la coopération pour résoudre les causes structurelles de la pauvreté que le geste simple et quotidien de solidarité devant les misères très concrètes que nous rencontrons » (188).

         A cette interpellation de Notre Pape, qui s’adresse à nous tous, personnes et communautés, ministres et fidèles, j’ose ajouter ceci dans ma responsabilité d’évêque : qu’avons-nous fait, dans notre diocèse, pour la démarche « Diaconia » pour l’accueil des pauvres dans chacune de nos communautés paroissiales ou religieuses ? Que faisons-nous maintenant de ce mouvement « avec et pour » les pauvres ? Qu’allons-nous faire pour « la solidarité devant les misères très concrètes que nous rencontrons » ? Car cette dimension de la charité chrétienne au plus près des gens est une dimension indispensable de la vie chrétienne de nos communautés ou groupes. Au cours de nos visites pastorales, il nous faut absolument faire le point sur cette question évangélique.

         Nous avons des témoignages saints dans notre histoire et notre mémoire. Par exemple, il y a 800 ans mourrait Jean de Provence, Saint Jean de Matha, après une vie donnée et fructueuse, enflammée par la ferveur de l’Amour trinitaire et le souci de la libération de tous les captifs d’alors. Aujourd’hui, ses Frères et Sœurs de l’Ordre religieux qu’il a fondé poursuivent cette même mission et nous bénéficions de leur présence à Barcelonnette et à Forcalquier. Et notre Hospitalité de Lourdes porte son nom auprès des malades.

         Bien d’autres encore, parmi nous, entendent le cri des hommes et des femmes touchés par les lèpres contemporaines. Nous faisons partie ou nous aidons nos divers services de solidarité. Ils nous entraînent dans le mouvement de la charité du Dieu, trinité d’Amour. Laissons-nous gagner par ce mouvement en étant persuadés que la charité n’est pas l’œuvre de quelques-uns ou de spécialistes mais une œuvre ecclésiale pour « sortir » de notre cercle et aller « aux périphéries » de l’existence, comme aime le redire le Pape François, en payant de sa personne.

 

 

         Le passage de l’Evangile qui est notre nourriture d’aujourd’hui, souligne une autre dimension de l’Epiphanie de la vie de Jésus, modèle de la nôtre : la prière et les sacrements.

         Après avoir guéri le lépreux, Jésus allait à la rencontre de « grandes foules qui accouraient pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies » Et St Luc ajoute : « Mais lui se retirait dans les endroits déserts, et il priait ». Pour Jésus, le lieu qui sauve, c’est le silence de la prière. On peut alors se demander quelle était la prière de Jésus en de telles circonstances.

         En priant ces jours-ci avec un petit livre intitulé « Prier 15 jours avec Charles de Foucauld », un passage m’a éclairé sur cette prière de Jésus. Je vous le livre :

         « On a de la peine à ne pas s’attrister en voyant l’excès du mal régnant partout et en se voyant soi-même si misérable après tant de grâces… Et pourtant, il ne faut pas s’attrister, mais regarder plus haut que tout ce qui se passe, vers notre Bien Aimé, puisque c’est Lui que nous aimons et non pas nous… S’il est heureux, nous sommes heureux… Il nous faut connaître en nos cœurs cette simultanéité de la souffrance et de la joie… Noël, c’est la fête de la joie ; cela n’empêche pas certains d’entre nous de souffrir… Plus nous aimerons, plus la joie et la douleur seront intenses, toutes deux, et elles grandiront ensemble ».

         Voilà sans doute, pour nous, ministres ordonnés, religieux et fidèles laïcs, le cœur de notre prière, à la suite de Jésus Sauveur, rencontrant personnes et foules dans la peine et se retirant dans la prière.

         Nous avons reçu les trois sacrements d’initiation chrétienne, avec ses signes visibles : l’eau du baptême, le sang de l’eucharistie et l’onction de l’Esprit. Saint Jean, dans sa première Lettre, explicite ce triple témoignage (1 Jn 5, 5-13) : « L’Esprit, l’Eau et le Sang se rejoignent en un même témoignage, celui que Dieu rend à son Fils pour une Vie éternelle » !

         C’est bien, à la suite des Apôtres, le triple témoignage que nous rendons visible aujourd’hui pour que le monde ait la Vie. Et pourtant, au cours de mes visites pastorales, je mesure la baisse de la pratique sacramentelle depuis dix ans ! Est-ce notre faute ? Est-ce la faute de l’air du temps ? Ne cherchons pas : notre mesure n’est pas celle de Dieu dans les cœurs ! Ce n’est pas à nous de juger, mais c’est à nous de toujours porter témoignage ! Avec l’administration de ces trois sacrements, qui font l’Eglise et que nous, ministres ordonnés nous proposons et donnons consciencieusement au long des semaines, nous nous en remettons avec confiance à Jésus, le seul Sauveur de tous les gens. Et nous en rendons grâces. La célébration récente de la confirmation d’une bonne vingtaine d’adultes à Sisteron en fut un éclatant témoignage !

         Alors, selon les expressions de l’Evangile du jour, nous « tombons face contre terre, en suppliant : « Seigneur, si tu le veux, tu peux nous guérir » et guérir notre monde de péché et d’indifférence à la grâce. Et nous entendons le Sauveur redire en nous et par nos lèvres et gestes sacramentels : « Je le veux, soyez purifiés » !

 

         Tout notre ministère est ainsi une « diaconie » évangélique, temporelle et spirituelle. Rendons grâce à Dieu qui confie à l’Eglise de son Fils un tel ministère et qui nous invite tous, ministres ordonnés et fidèles laïcs, à un témoignage en toutes circonstances au long des années de notre histoire sainte !

         « Vous avez en vous la Vie éternelle, nous redit St Jean, vous qui mettez votre foi, votre confiance, dans le nom du Fils de Dieu » !

         Ainsi, regardons plus haut et plus loin ! Et, comme dans l’Evangile, « parlons de Lui de plus en plus » !

 

+ François-Xavier Loizeau, évêque de Digne, Riez et Sisteron

 A ré écouter en podcast Monseigneur Loizeau sur RCF

« Diocèse - actu » :
Invité : Mgr Loizeau Évêque de Digne regard sur le diocèse


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