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La Pastorale de la Santé du diocèse de Digne... « L’accompagnement, un miroir à double sens. »
Article mis en ligne le 19 mars 2014
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La Pastorale de la Santé du diocèse de Digne est heureuse de vous inviter :

Jeudi 27 mars 2014

 

De 9h30 à 16h au Bartéu à Peyruis

(accueil à partir de 9h)

 

Pour une journée animée par Hermine AITKEN,

Psychothérapeute et formatrice en soins palliatifs

 

Sur le thème :

 

L’accompagnement, un miroir à double sens.

(Nous sommes tous des "patients" et l'accompagnement est une rencontre de "patients" où chacun se voit dans le miroir que lui présente l'autre.)

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Voici un article de Hermine AITKEN (animatrice de la journée) qui nous permettra d’entrer dans le thème de cette formation

LE MIROIR À DOUBLE FACE DU SOIN

Il y a quelques années, en voyant la photographie d’une très belle femme, sur une étagère de la chambre d’une malade, je demandai à celle-ci, sans réfléchir, “Qui est cette belle dame ?” et la malade, âgée de 45 ans mais sévèrement défigurée par sa maladie terminale, s’est mise à pleurer. Les soignants ont véritablement une grande influence sur le sentiment de dignité de leurs patients !
Je me souviens avoir été interpellée autant par mon manque de sagacité et ses conséquences pour la malade, que par l’incroyable différence entre la photographie (prise seulement un an avant le début de la maladie) et l’apparence de la même femme, qui se tenait devant moi.
Nous sommes tous des « patients » - dans le sens littéral d’êtres qui endurent,
supportent et souffrent, tout au long de la vie. H. Chochinov dit avec justesse, « les patients regardent les soignants comme s’ils se regardaient dans un miroir, cherchant (…) la confirmation de leur valeur »*. L’inverse est également vrai : quand les soignants regardent leurs patients les plus gravement atteints, ils se regardent dans le miroir de leur condition humaine. Et ce miroir réveille en eux toutes leurs peurs personnelles face à la souffrance de tout ordre. Il suscite toutes les questions reliées au sens de la vie.
Comment éviter la fuite du miroir de notre réalité, à travers nos actes de techniciens toujours pressés par le temps, ou dans la tendance à nous donner bonne conscience par une attention exagérée, qui tient peu compte de l’intérêt et de la dignité du patient ?
Comment ne pas poser le masque de fausse sérénité ? Comment pouvons-nous prévenir notre frustration et notre épuisement, sans recourir aux méthodes d’autoprotection, qui empêchent une relation empathique d’exister entre le soignant et le malade ?

# Reconnaître que nous sommes tous des « patients » nous aide à accepter notre vulnérabilité, et à parler le même langage que le malade, de patient à patient.

Cependant, la reconnaissance de notre vulnérabilité individuelle et collective ne nous autorise pas à préjuger de ce que vit notre patient-malade.
À chacun sa manière de vivre sa « patience ».
C’est là que « le silence intérieur » prend toute sa valeur. L’intention, même celle, fondamentale, de vouloir aider, peut être intrusive. Au lieu de chercher à aider, il nous faut apprendre à accompagner le patient, dans le respect du mystère de sa vie.
Créant un espace vierge pour « l’écoute active », nous donnons au patient la permission d’être lui-même. Cette prédisposition exige de nous confiance face à l’imprévisible, à l’inconnu. Elle est attitude d’humilité et de compassion.
Tout ceci ne diminue en rien notre compétence de technicien, bien au contraire !

# Ouvrir des voies qui nous aident à élargir notre vision de la vie, afin d’être moins vulnérables au vécu du moment. Accepter le sens apparent et le sens invisible de la vie…

LE MIROIR À DOUBLE FACE DU SOIN

Ana avait atteint le bout de sa route, apparemment incapable de communiquer. Soudain elle est devenue très agitée et s’est mise à crier plusieurs fois : « Je veux comprendre ! »
Grâce à mon « silence intérieur » j’ai senti que tout mon être était dans un état paisible d’abandon. Spontanément surgit la réponse à la demande d’Ana : « Ana, le temps de comprendre n’est plus. A présent c’est le temps de l’abandon ! »
Elle m’a dévisagée avec perplexité, puis a prononcé ses derniers mots : « Merci ! Tes paroles ont touché mon cœur ! ».

# Nul être humain, fût-il le soignant le plus compétent, ne peut offrir un soutien meilleur que celui de la vie-même qui habite l’autre. Il ne peut qu’assister le mourant dans son chemin vers la conscience de cette présence.

Hermine Aitken.

* Article de Harvey Max Chochinov, dans le BMJ :
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