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29 juin 2014 - Palais des Congrés - Messe d’action de grâce
Article mis en ligne le 29 juin 2014
dernière modification le 23 juillet 2014
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Dimanche 29 juin à 16h au Palais des Congrès à Digne, action de grâce et adieux au Père François-Xavier Loizeau pour les 16,5 ans au service de nous tous !

 Introduction de la célébration

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MESSE D’ACTION DE GRACES

Digne, le 29 juin 2014,

 

Introduction

         Nous voici réunis pour une célébration d’action de grâces après seize années de mon épiscopat  dans le diocèse de Digne, Riez, Sisteron, Senez et Entrevaux.

         Merci à vous tous qui êtes venus rendre grâces avec moi.

         Merci d’abord à mes frères évêques présents : d’abord mon prédécesseur, Mgr Georges Pontier, devenu archevêque métropolitain et président des évêques de France : j’ai essayé de donner suite au Synode qu’il avait mené dans ce diocèse dans les années 80-84, puis il m’a soutenu dans mes épreuves de santé.

Je salue Mgr Bruno Grua, qui fut mon précieux vicaire général avant de voler de ses propres ailes comme évêque de St-Flour ; il fut mon premier vicaire général et m’a fait connaître le département et le personnel d’Eglise. Je salue Mgr Gaston Savornin qui fut mon second vicaire général et m’a fait connaître l’histoire du diocèse et a lancé les chrétiens-relais dans les paroisses…

Je salue Mgr Barsi, archevêque de Monaco, et mes confrères de la Province de Marseille : Mgr Cattenoz, archevêque d’Avignon et Mgr Marceau, nouvel évêque de Nice et Mgr Bonfils, l’un de ses prédécesseurs, ainsi que les vicaires généraux et représentants des évêques. Les autres évêques se sont excusés parce qu’ils ont aujourd’hui des ordinations de prêtres...

         Merci aux responsables des Eglises-sœurs, protestante, orthodoxe…

         Merci aux représentants de la société civile, de l’Etat, du Conseil Général, les élus et les présidents d’association…

         Merci aux membres de ma famille, venus de loin…

         Merci à vous, ministres ordonnés de notre Eglise diocésaine ou animateurs pastoraux et à vous tous engagés dans la vie de notre Eglise… En premier le Père Christophe Disdier-Chave, mon troisième et actuel vicaire général, bâton de ma vieillesse et de mes insuffisances, si attentionné, si efficace, si compétent en tout de l’Eglise, si estimé de tous…

 

         Oui, merci à vous tous… mais je souhaite que vos regards ne soient pas portés aujourd’hui sur moi mais sur le Christ, véritable Pasteur de son peuple ! C’est lui qui importe et à qui nous rendons grâces !

         Les Saints Apôtres Pierre et Paul, pierres de fondation de notre Eglise, ont donné leur vie pour Lui et pour la propagation de l’Evangile dans le monde. Ils nous invitent au jour de leur fête commune à rendre grâces pour les bienfaits de l’évangélisation. Ils nous invitent à prier pour que la Paix qui vient de Dieu envahisse toujours plus notre monde, comme ne cesse de le proposer avec lucidité et courage, foi et espérance, notre Pape François…

         Oui, rendons grâces à Dieu qui fait des merveilles d’Amour !

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 Homélie

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Matt 16,13-19
St Pierre et St Paul

 

         "Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?... - Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant !"

Pour les ministres ordonnés que nous sommes, il est bon d'entrer à nouveau dans ce dialogue évangélique, en cette Fête des Saints Pierre et Paul, fête qui coïncide souvent avec nos anniversaires d'ordination et qui, pour moi, votre évêque, est une action de grâces d’épiscopat.

 

         « Et vous, que dites-vous, dit Jésus , Pour vous, qui suis-je ? – Tu es, répondent les Apôtres, tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »

Ce dialogue entre Jésus et les Douze est étonnant. Comme le souligne le P. Jacques Guillet, dans son beau livre "Jésus-Christ dans le monde", "le fait essentiel, c'est que cette révélation de ce qu'est Jésus provienne en fit de lui et que pourtant ce soient les hommes qui la formulent et non pas lui, le Messie. Car c'est de lui qu'elle vient. C'est lui qui, sans préalable, sans y avoir été amené par un événement extérieur ou par une intervention étrangère, mais de son propre mouvement, pose la question: « Qui dites-vous que je suis ? »... Le paradoxe, c'est... que la réponse ne peut être vraie que, si dite par Pierre, elle vient de Lui, le Christ... La réponse n'est pas une leçon dictée par un maître et enregistrée dans la mémoire et l'intelligence... Jésus ne s'adresse jamais à la seule intelligence, il fait entrer dans une vie, dans la vie avec Lui, à sa suite !

C'est pourquoi, lorsque Pierre répond : « Tu es le Messie », il dit quelque chose qui ne vient pas de lui, il exprime la révélation qu'il reçoit. Il la dit cependant dans son langage... Il dit sa propre expérience, mais cette expérience est celle du Messie" qui l’a appelé (p.141-142).
         Ainsi en est-il des effets de la grâce de l'appel dans nos propres expériences spirituelles, si particulières et si partielles soient-elles, et dans nos réponses d'hommes, si imparfaites soient-elles. Dans ces réponses qui sont les nôtres, nous pouvons cependant dire en toute vérité notre foi au "Fils du Dieu vivant" et la transmettre, grâce au Christ et à l'Esprit qu'Il nous a donné. C'est la grâce de nos ordinations.

 

Il est encore à remarquer que ce dialogue entre Jésus et les Douze est bien le plus personnel qui soit. Chacun des Apôtres se sent interpellé personnellement par les questions de Jésus. Et pourtant celles-ci sont posées au groupe des Douze : "Pour vous... Que dites-vous...". Et Simon-Pierre répond au nom de tous.

Ce dialogue est bien le plus personnel qui soit. Et pourtant la mission confiée est la plus universelle qui soit : "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise; et la puissance de la mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du Royaume des cieux...".
         Ainsi en est-il des effets du dialogue entre appel et réponses pour la mission d'Eglise. Appel personnel mais donné et perçu en Eglise. Réponse personnelle mais pour un ministère qui a toujours une dimension universelle et un but eschatologique, à l’horizon du Royaume plénier de Dieu. Nos ordinations nous ont inscrits dans ces perspectives missionnaires ouvertes à l'infini de l'espace et du temps du Royaume qui vient et qui est en marche.

 

Cette fête des Apôtres Pierre et Paul nous invite encore à considérer l'aspect unique et pluriel de l'appel au ministère ainsi que la similitude et la diversité des réponses à cet appel. L'appel est fondamentalement le même chez Pierre et chez Paul. Et leur réponse est fondamentalement la même envers le Seigneur. Pourtant que les circonstances de l'appel sont différentes et les réponses diverses ! Mgr François Garnier, dans l'homélie qu'il a fait le jour de mon ordination épiscopale soulignait cela : "Pierre et Paul, aussi différents soient-ils, se découvrent aimés par Celui que le premier a renié et que le second persécute... Par ces deux Apôtres, nous apprenons que la rencontre du Christ peut nous délivrer tous, comme elle délivra Pierre, de nos hontes et de nos mensonges. Qu'elle peut nous délivrer tous, comme elle délivra Paul, de nos violences et de nos haines... Par ces deux Apôtres, nous apprenons aussi que le Christ ose confier la mission d'Apôtres à des homme fragiles et pécheurs".

Si les réponses à l'appel du Christ sont différentes chez Pierre et Paul, cela tient aux tempéraments et aux circonstances bien sûr, mais aussi aux besoins missionnaires perçus, grâce à l'Esprit-Saint qui ne cesse de les conduire. C'est le même zèle apostolique, le même souci premier d'évangélisation qui les pousse tous les deux à affronter les épreuves et les contradictions, jusqu'au bout de leur vie : fidèles, ils mourront tous les deux à Rome dans la persécution. Et, chez eux, c'est la même confiance en Dieu qui accompagne fidèlement leur action missionnaire : "C'est le Seigneur qui a envoyé son Ange pour m'arracher aux mains d'Hérode", reconnaît Pierre; "Le Seigneur m'a assisté, il m'a rempli de force pour que je puisse jusqu'au bout annoncer l'Evangile", s'exclame Paul.
         Ainsi, l'appel et le soutien fidèle du Seigneur entraînent nos réponses, qui essaient de correspondre fidèlement à la grâce reçue et aux besoins de sens et de conversion chez nos frères en humanité. La fidélité du Seigneur est la source de notre fidélité à l'ordination que, par grâce, nous avons reçue.

 

En cette Fête des Saints Apôtres Pierre et Paul, nous prions ensemble avec cette conviction fondée sur le texte évangélique que nous venons de méditer. Comme pour les Apôtres, les appels ne peuvent venir que du Christ et les réponses ne peuvent venir que des hommes, mais, dites par les hommes, elles ne viennent que de Lui, "le Messie, le Fils du Dieu vivant" ! "A lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen !"

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 Conclusion de la célébration

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Messe d’action de grâces

Digne, le 29 juin 2014,

 

Conclusion

 

         Oui, de tout cœur, grand merci à tous…

         Merci de cette célébration… Merci aux « artisans de cette fête »…

         Merci pour vos cadeaux…

Merci pour ces 16 années ensemble…

 

         Et maintenant, regards sur l’avenir.

         Le mien…

         Le vôtre avec un nouvel évêque…

         Pour symboliser le passage d’un évêque à un autre, je vous offre une image, que vous garderez en souvenir de prière.

         Dans la cathédrale de Senez, que j’aime particulièrement, un tableau m’a frappé. Il évoque explicitement le relais entre deux évêques vers l’an 1618. L’un, Mgr Jacques Martin, très âgé, et le second, Mgr Louis Duchaine. Cette peinture sur bois représente deux mains qui se rejoignent et se serrent sous une même mitre et une même crosse et sur une même cathèdre. Au-dessus de cette représentation de « passation de pouvoir », il y a une phrase latine : « Illi servo fidem ». Phrase difficile à traduire et que j’ai soumise à plusieurs latinistes. Pour ma part, je retiendrai l’interprétation suivante : « L’un et l’autre sont au service de la même foi » !

         Cela dit ma confiance envers celui que l’Eglise va désigner comme mon successeur attendu, en lien avec le Pape François, dans la ligne de ce que j’ai vécu après Mgr Georges Pontier et en lien avec mon frère jumeau noir, Mgr Jean-Marie-Benoît Bala, évêque de Bafia au Cameroun.

 

         Les évêques passent mais c’est la même foi qui se transmet entre successeurs des Saints Apôtres, de siècle en siècle ! Comme l’a affirmé solennellement le Concile Vatican II, les évêques sont « choisis pour être les ministres du Christ et les dispensateurs des mystères de Dieu ». « Avec le successeur de Pierre et les autres évêques successeurs des Apôtres, ils forment entre eux un tout, un collège, par le lien de l’unité, de la charité et de la paix. » Ils unissent les Eglises particulières à l’Eglise universelle (cf. Décret sur l’Eglise, c.3) maintenant et au cours des âges et des siècles.

         Nous nous souviendrons de cela et approfondirons notre foi en l’Eglise lors de l’accueil du futur évêque et de son ordination. Nous prions déjà pour lui et j’ose compter sur votre prière à mon égard ! Merci !

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Enregistrement RCF Alpes Provence
de la Messe d’Action de grâce au Palais des Congrès



à écouter un ré écouter ici -

 Emission RCF Alpes Provence du samedi 28

« ET SI ON PARLAIT ENSEMBLE »
Ecoutez ou ré-écouter l’émission spéciale :
Ministère et vocation de Monseigneur François-Xavier Loizeau (à l’occasion de son départ du diocèse de Digne, Riez, Sisteron ) - Réalisation : Jean Tripodi

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 Célébration en photos

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 Procession des offrandes

 Le mot du Père Disdier Chave, Vicaire Général

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Mot d’introduction à la Messe d’action de grâce célébrée par Monseigneur François-Xavier, évêque de Digne, Riez et Sisteron au terme de son épiscopat dans le diocèse.

Monseigneur et très cher Père,

Le 25 janvier 1998, il y a un peu plus de 16 ans, nous étions déjà réunis ici-même dans l’action de grâce. Après dix-huit, dix-huit longs mois d’attente, depuis le transfert au siège épiscopal de la Rochelle de Monseigneur Georges Pontier, l’Eglise qui est à Digne, Riez et Sisteron, recevait enfin celui par qui le Christ allait continuer à enseigner, sanctifier et conduire son peuple. Du plat pays qui était le vôtre, des canaux du marais poitevin et des rivages maritimes vendéens, vous arriviez chez nous, dans cette région si différente de celle où vous aviez vu le jour ; région qui marie harmonieusement les Alpes et la Provence, les champs de lavande et les hauts sommets, les cigales et les marmottes. Il a fallu vous habituer !  A la géographie, tout d’abord : Le plus haut sommet de la Vendée, le mont des alouettes, culmine à 232 m. Chez nous, l’aiguille du Chambeyron, à 3412 m.  Dans le 04, il y a peu de longues routes droites à perte de vue mais des routes souvent sinueuses qui arpentent les vallées de notre département. En 16 ans, vous avez parcouru, en voiture, environ 400 000 kms. C’est aussi à pieds que vous avez découvert ce vaste territoire, du pont Mirabeau au col de Larche à la frontière avec l’Italie et du Contadour aux portes de Nice. Comme le bon pasteur vous êtes allés la rencontre du peuple que le Seigneur vous avait confié. Vous avez inlassablement parcouru nos vallées, montagnes et plateaux, « ces esplanades à méditation », « ces paliers métaphysiques », « montant« vers l'essentiel », «  vers les hauteurs apaisantes», là où «le silence se fait encore plus parfait, comme l’écrit joliment Giono. Sur votre carte Michelin du 04, il n’y a plus un lieu que vous n’ayez surligné indiquant par là que vous y êtes allé !
Il a fallu vous habituer aussi au climat, parfois excessif et rude ! Vous n’oublierez pas votre premier hiver. Le col du Labouré, vers Seyne les Alpes, ne vous a pas laissé passer ; il a eu raison de vos habitudes de conduite en région tempérée n’ayant jamais rencontré une plaque de verglas. Le passage du col fût pour vous renversant, au sens propre du terme !
Il a fallu, enfin, vous habituer à nous, bas-alpins au tempérament parfois semblable à la géographie et au climat : rude et excessif et n’ayant pas toujours la rigueur, la constance et l’application des gens du Nord ou… de l’Ouest !
Pour Jean Giono, notre compatriote, la Haute-Provence restera « très exactement ce qu'elle est. Un pays pauvre qui restera pauvre avec les qualités des pauvres ». A l’extérieur, on regarde de façon parfois un peu condescendante cette pauvreté et on se demande s’il peut en sortir du bon ou jaillir de nouvelles fécondités. A l’intérieur du diocèse, parfois influencé par l’extérieur, on peut se lamenter de cette pauvreté et céder, parfois, à ce que décrit bien le Pape François dans sa lettre, « la joie de l’Evangile », « la tentation constante de s’attacher à une tristesse douceâtre, sans espérance, qui envahit le cœur comme « le plus précieux des élixirs du démon » (E.G, 83). Certes, l’Eglise qui est en Haute-Provence est pauvre, en population, en moyens humains et matériels, mais elle est l’Eglise de Jésus-Christ au même titre que les autres Eglises apparemment plus prestigieuses ou brillantes. Ne regardons pas comme le monde ! Nous correspondons, dans notre pauvreté même, au rêve du Saint Père, « Comme je voudrais une Eglise pauvre, pour les pauvres ». Et puis, les pauvres ne sont-ils pas les préférés de Dieu ? La qualité des pauvres est de ne pas mettre leur force en eux mais dans le Seigneur, ne pas compter d’abord sur leurs moyens et leurs structures mais sur la puissance de Dieu. La pauvreté est cri et ouverture vers ce Dieu qui se penche vers les pauvres et qui les comble de ses biens. Comme à Saint Paul, le Christ nous dit, ne crains pas, « ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » (2 Co, 12,0). Pauvres de nous, mais riches de Dieu !
16 ans d’épiscopat ! Avez-vous été l’évêque idéal ? Non. Non, tout simplement parce que l’idéal n’existe pas.  L’autre, évêque, curé, supérieur religieux, conjoint est souvent perçu comme pouvant combler tous nos vœux, tous nos désirs. Or, un tel être n’existe pas et je sacrifie l’être réel, certes imparfait, comme moi d’ailleurs, qui est à mes côtés, pour un idéal de perfection qui n’existe pas. Nous-mêmes n’avons sûrement pas été les diocésains que vous auriez espérés. Il a fallu, vous et nous, nous accueillir réciproquement et cheminer ensemble tels que nous étions. C’est bien ainsi car le réel gagne alors du terrain sur le romanesque, la vie prime sur le mythe. Vous avez choisi d’être prêtre. L’Eglise avait authentifié ce désir le 28 juin 1965 Vous n’avez pas choisi d’être évêque. Vous avez été nommé par le futur Saint Jean-Paul II. Dans votre lettre de nomination  il vous demandait de faire « grandir tous les jours, avec l’aide de Dieu, dans la foi, l’espérance et la charité, les fidèles qui vous sont confiés ». C’est ce que vous avez fait, cher Père, avec ce que vous étiez, vos talents et vos limites, vos zones de lumière et d’ombre, comme pour chacun de nous.  Il n’est pas possible, ni le lieu, d’énumérer ici toutes les initiatives et les réalisations qui ont fait grandir notre foi, notre espérance et notre charité. Je mentionnerai seulement, le grand rassemblement « Ecclesia 04 » qui s’est tenu dans la dynamique et la foulée du rassemblement « Ecclésia 2007 » à Lourdes. Suite à ce rassemblement vous avez promulgué un directoire diocésain de la catéchèse permettant de redécouvrir la joie et l’enthousiasme de la rencontre avec le Christ quel que soit l’âge et les étapes de la vie, il faut noter aussi la démarche qui nous a mobilisés pendant trois ans, intitulée, « Pour un nouvel élan missionnaire » et qui a aboutit à des orientations pour les communautés du diocèse de Digne envisageant de « nouveaux chemins partant de la Source et du Sommet qu’est le Christ, pour évangéliser avec plus d’audace ». Dans le domaine de la charité, vous avez tenu à ce que la démarche de l’Eglise de France, « Diaconia 2013 », ne reste pas une initiative de plus et sans lendemain. Une dynamique équipe diocésaine a, dans les paroisses, services et mouvements, aidé à traduire en actes cette conviction, que la responsabilité du service des frères, notamment les plus pauvres, les plus fragilisés, n’est pas de la responsabilité de quelques spécialistes mais de tous les membres de l’Eglise. La diaconie n’est pas une conséquence mais elle fait partie intégrante de notre foi au Christ venu non pour être servi mais pour servir. Dans votre charité pastorale pour les ministres ordonnés, vous avez également tenu à ce qu’un jour de la semaine, le lundi, aucune activité ne nécessite la présence d’un prêtre et ce, afin que nous puissions nous reposer, refaire nos forces humaines et spirituelles pour mieux être au service de la mission. Vous avez aussi mis en place une formation et pris des initiatives pour une véritable et réelle coresponsabilité entre ministres ordonnés et fidèles laïcs, mettant ainsi en œuvre les orientations conciliaires de Vatican II. L’engagement des fidèles laïcs à la vie et à la mission de l’Eglise n’est pas la conséquence du manque de prêtres mais la conséquence logique du baptême et de la confirmation. Comment ne pas noter aussi, cette initiative, conquise non sans incompréhensions et tensions parfois vives, de la mise en place d’une solidarité économique et financière entre paroisses mais aussi entre paroisses et évêché, consistant à mettre au service de tous, les ressources financières plus importantes de tel ou tel secteur. Il ne s’agit pas d’abord d’une meilleure efficacité économique mais de la traduction, dans la gestion de nos biens, du modèle de l’Eglise, tel que nous le présente les Actes des Apôtres. Les biens personnels étaient déposés aux « pieds des Apôtres ; puis on les distribuait en fonction des besoins de chacun » (Ac 4,35). Chacun a ainsi de quoi vivre et il ne manque rien à personne !
Tout ce que vous avez mis en œuvre, avec l’aide de vos divers conseils, dont vous ne vous êtes jamais passé, a eu pour objectif de mettre en œuvre une recommandation merveilleuse de votre père à votre maman, et retrouvée dans une lettre de captivité, « j’essaie de faire comprendre l’Evangile, de pousser à l’apostolat… Vous direz cela à ma femme. Il faut qu’elle se donne comme je me donne » ». Oui, par votre épiscopat chez nous, vous avez travaillé, cher Père, à faire de chacun de nous des disciples-missionnaires, passionné du Christ, de l’Evangile et de l’humanité.
Les joies n’ont pas manqué au cours de ces 16 années : les grands rassemblements diocésains, quelques ordinations, les vitalités nouvelles et réelles, des initiatives dans le domaine de la nouvelle évangélisation, des collaborations et des solidarités interdiocésaines, le jumelage dynamisant avec notre Eglise sœur de Bafia, qui se traduit, notamment, par la présence de deux prêtres dans notre diocèse. Monseigneur Bala a envoyé un message pour nous dire sa fraternelle communion en ce jour.
Mais les épreuves ont aussi jalonné votre épiscopat et le jalonneront jusqu’à la fin: décès parfois subits et prématurés de ministres ordonnés, départ de tel ou tel, vos épreuves personnelles de santé ces trois dernières années, la baisse de la pratique religieuse et de la fréquentation des sacrements, une moindre surface sociale de l’Eglise catholique, nos difficultés financières qui vous ont obligé à prendre des mesures nécessaires mais douloureuses afin de parvenir à nouveau à l’équilibre, le manque d’enthousiasme et de ferveur missionnaire, les incompréhensions réciproques, les jugements hâtifs. Vous pourriez faire vôtres ces propos du Pape François, « cela me fait très mal de voir comment, dans certaines communautés chrétiennes, et même entre personnes consacrées, on donne de la place à diverses formes de haine, de division, de calomnie, de diffamation, de vengeance, de jalousie… Qui voulons-nous évangéliser avec de tels comportements ? » (E.G, 100).
Les réussites vous les avez attribuées au Seigneur qui agit envers les pauvres, les difficultés et les échecs vous vous les êtes parfois attribuées avec l’humilité et la modestie qui vous caractérisent. Combien de fois vous-ai-je entendu soupirer, « je ne suis peut-être pas l’évêque qu’il faudrait ! ». Vendredi dernier, n’avez-vous pas déclaré aux agents pastoraux du diocèse, « je suis devenu plus irritable, susceptible et colérique ; que ceux qui en ont souffert me pardonnent ! ». Père, vous êtes tout pardonné, pardonnez-nous aussi de ne pas toujours eu entre nous, et envers vous, « les dispositions que l'on doit avoir dans le Christ Jésus «  (Ph 2,5) comme nous y exhorte l’Apôtre Saint Paul que nous fêtons aujourd’hui. Mais je puis témoigner, pour avoir vécu 9 ans à vos côtes, portant avec vous le souci des prêtres et des fidèles laïcs, que vous nous avez aimés, tous, sans exception, même ceux qui ne vous le rendez pas, ne lâchant jamais le fil de la relation. Vous nous avez fait confiance, parfois au-delà du raisonnable et même lorsque ce n’était pas réciproque.  Vous avez délégué, sans surveillance ni méfiance, jamais ou si peu réprimandé alors qu’il l’eût peut-être fallu dans certaines circonstances ou face à certaine attitudes. Vous n’avez jamais « écrasé le roseau froissé ou éteint la mèche qui faiblit » (Is 42,3). Parfois, on a pu prendre pour de la froideur ou de la dureté certaines de vos paroles ou de vos attitudes alors qu’elles étaient la conséquence de votre tempérament et de votre caractère réservé dû à une certaine timidité. Mais nous ne pourrons jamais oublier votre sourire, sourire qui vous caractérise et qui est l’épiphanie de votre bienveillance intérieure, de votre capacité à vous émerveiller d’un rien. Vous pourriez affirmer, comme le Pape François, « il est vrai que je suis aussi un peu ingénu ».

Vous voici, Cher Père, au seuil de la retraite, après 16 ans d’épiscopat et 49 ans de sacerdoce, que vous avez fêté hier. C’est une nouvelle étape. Vous ne battez pas en retraite, mais vous allez retraiter différemment votre vie et votre ministère. La prière silencieuse, la méditation y occuperont une place plus importante. Le diocèse de Digne occupera une place de choix dans votre intercession, nous le savons. En partant de Digne, vous ne quitterez pas votre anneau épiscopal. Il vous rappellera, jusqu’à votre dernier souffle de vie ici-bas, le lien indéfectible, le lien sponsal qui vous lie à l’Eglise de Digne, Riez et Sisteron.  Votre mission fût, à la suite de Saint Paul et des autres Apôtres, de nous unir au seul époux, le Christ. Vous avez œuvré pour nous attacher plus indéfectiblement à Lui, nous aidant à lui répondre amour pour amour. Priez pour cette pauvre et belle Eglise de Jésus-Christ qui est en Haute-Provence afin qu’elle soit toujours plus et mieux, « une Église humble et fidèle, fraternelle et joyeuse, fervente et audacieuse, pour donner aujourd’hui par sa vie des signes de l’espérance que le Seigneur met en nos cœurs ». Il n’abandonne jamais son troupeau. C’est Lui, et Lui seul, qui en est le Pasteur mais il nous donne les ministres dont nous avons besoin, ministres par lesquels il manifeste son amour, nourrit, enseigne, guérit et accompagne son peuple. Il le fait, ici chez nous, depuis Saint Vincent et Saint Domnin, fondateurs et premiers évêques du diocèse, au 4ème siècle. Vous avez été, Monseigneur, cher Père, un maillon de cette longue chaine de témoins, de veilleurs vigilants pour que l’Evangile pénètre vraiment les cœurs, pour que le Christ soit connu, aimé et célébré. Vous allez passer le témoin, le Seigneur saura nous donner celui qu’il nous faudra pour continuer la route… Nous aurons sans doute, peut-être, l’occasion de nous revoir mais, même si ce n’était pas le cas, un jour nous nous retrouverons à la table du Royaume avec cette foule immense que nul ne peut dénombrer, cette nuée de témoins et de serviteurs de l’Evangile qui nous attendent et nous encouragent dans notre marche. Les séparations ne sont que provisoires, elles sont des rendez-vous pour l’éternité.  Christophe Disdier-Chave, vicaire général.

 

 

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 Emotion avec les plus jeunes à la sortie de la cérémonie qui ont chanté pour leur évêque.

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 Les mots de l’Évèque aux agents pastoraux ... ; celui aux élus ....

(cliquez sur le lien)
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 lu dans La Provence

article du 29 juin

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