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A Dieu Père Pierre Jean Grange
Article mis en ligne le 30 mai 2014
dernière modification le 3 juin 2014
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Décédé le 29 mai 2014, jour de la fête de l’Ascension.
La célébration de ses obsèques a eu lieu le 2 juin et son inhumation au cimetière de Trélins (Haute-Loire) le 3 juin.

Il était né le 22 avril 1949 à St-Etienne (Loire).

Il fut ordonné diacre pour le diocèse le 26 mai 1985 par Mgr Abelé.
Et ordonné prêtre le 15 juin 1986.

Il fut vicaire à Digne et chargé du monde scolaire (1986-1987).
En congé pour raison de santé (1987-1989), il revint comme aumônier du monde scolaire à Sisteron (1989-1995).
Il prit une année sabbatique et de formation à Lyon (1995-1996).
Il fut curé de Malijai (1996-2009) et chargé du nouveau secteur Malijai-Les Mées-Peyruis.
Il était curé du secteur d’Oraison depuis 2009.

Il fut, en outre, responsable diocésain de la pastorale liturgique et sacramentelle (2006-2009) et cérémoniaire diocésain.
Il était aumônier de Lourdes-Cancer-Espérance depuis 2004.

Avec sa famille (2 frères et 1 sœurs), ses amis, sa communauté paroissiale, nous partageons notre peine et nous prions en confiance car l’Ascension du Christ ressuscité nous fait vivre en Espérance dans la Vie de Dieu.

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 Hômélie

Sépulture de Pierre-Jean GRANGE
Oraison, le 2 juin 2014,
(Mt 28,16-20 et Eph 1,17-23)

         « Quand ils virent (Jésus ressuscité s’élevant dans la gloire du ciel), ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes ».
         Ce passage de l’Evangile qui termine l’Evangile selon St Matthieu, ce fut la dernière proclamation évangélique de notre frère et ami, Pierre-Jean, jeudi dernier en la fête de l’Ascension du Seigneur. Dans l’Evangile, ces mots précèdent l’envoi en mission des disciples et l’assurance de la présence du Seigneur « avec eux tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

         Ce passage de l’Evangile reflète bien, me semble-t-il, le cœur de la foi de Pierre-Jean : il fut un homme et un prêtre partagé entre l’adoration du Dieu qu’il aimait et les doutes, ou plutôt les peurs qui n’ont cessé de l’habiter tout au long de sa vie. Il fut un homme tourmenté, déchiré, à vif mais habité aussi d’une grande foi qui l’a conduit à offrir sa pauvre vie par amour du Christ Jésus et de ses frères et sœurs en leur humanité, les jeunes d’abord et puis surtout les plus souffrants, par exemple les malades du sida ou du cancer.
         Pierre-Jean nous faisait parfois de la peine, nous culpabilisait même avec pathos et larmes, quand il prenait toujours le parti des pauvres et des faibles à l’encontre de nos richesses, de nos suffisances et de nos indifférences. Il avait sans doute en lui, depuis toujours, une peur de mal faire ou de faire du mal qui le rendait parfois agressif et incisif envers nous, ses proches.
         Il y avait sans doute chez lui des peurs, mais nous en sommes tous là, avec nos peurs, plus ou moins acceptées ou manifestées… Il y avait sans doute en lui, comme en chacun de nous, des blessures à plaies encore ouvertes…
         Or, c’est à ces moments de doutes ou de peurs de la part des disciples que « Jésus s’approcha d’eux ». Jésus, avec ses plaies, se rendit le plus proche d’eux possible pour les rendre témoins de sa Résurrection et de « l’espérance que donne son appel »et pour « ouvrir leurs cœurs à la lumière ».
         Avec Pierre-Jean, je me suis toujours rendu compte qu’il s’apaisait quand je lui faisais confiance dans sa mission, quand je l’encourageais dans ses initiatives apostoliques ; ainsi pendant et après la visite pastorale qui eut lieu en janvier dernier ou bien après cette rencontre, le 21 mai dernier, avec les confirmés adultes et jeunes qui étaient attachés à lui. Nous avons tous besoin de climat de confiance et de bouffée d’espérance.

         Bien que pauvres et blessés, pécheurs pardonnés, les Apôtres ont entendu ces paroles de confiance de la part de Jésus ressuscité : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples… Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ! »
Nous sommes tous appelés à être, dans notre monde, des « témoins de la Résurrection de Jésus » (Ac 2,22). « Nous avons mis notre Espérance dans le Dieu vivant, le Sauveur de tous les hommes » (1 Tm 4,10). « Dieu nous a fait renaître pour une vivante Espérance par la Résurrection d’entre les morts » (1 P 1,3). Et nous suivons, tant bien que mal, le « Christ Jésus, notre Espérance ! » (1 Tm 1,1), qui nous précède toujours sur la montagne de Galilée et jusqu’aux extrémités du monde et jusqu’à la fin des temps pour une vie de bonheur éternel.

Témoins de cette Espérance pascale, nous sommes provoqués à l’être si nous voulons exorciser nos peurs trop immédiates et leur donner sens et valeur de rencontres avec le Dieu Vivant et Fidèle. Peur du lendemain, vaincue par la patience de chaque aujourd’hui, car demain n’appartient qu’à Dieu qui fait vivre et « revivre » (Ps 118). Peur de la mort, vaincue par la présence du « Premier-né d’entre les morts » (Col 1,18). Peur de la violence, vaincue par la certitude que le Christ ressuscité nous « donne sa paix » (Jn 20,19)... Nous avons besoin de cette Espérance pascale qui nous dit que, si tout continue dans notre existence, dans notre monde, rien cependant ne sera plus comme avant car « Christ est ressuscité » ! « En Lui, nous avons été baptisés... pour mener une vie nouvelle » (Rm 6,3-4). En Lui, notre monde est renouvelé, recréé, avec ses blessures pansées par tendresse et ses péchés pardonnés par miséricorde.
Récemment, au cours de la canonisation des Saints Jean XXIII et Jean-Paul II, le Pape François a dit que ces deux saints « ont eu le courage de regarder les plaies de Jésus, de toucher ses mains blessées et son côté transpercé. Ils n’ont pas eu honte de la chair du Christ, ils ne se sont pas scandalisés de lui, de sa croix ; ils n’ont pas eu honte de la chair du frère, parce que en  toute personne souffrante ils voyaient Jésus. Ils ont été des hommes courageux, remplis de liberté et d’assurance en l’Esprit et ils ont rendu témoignage à l’Eglise et au monde de la bonté de Dieu, de sa miséricorde ».

Nous comprenons alors, comme dit St Paul aux Ephésiens, « l’espérance que donne son appel, la gloire sans prix de l’héritage que nous partageons avec les fidèles et la puissance divine » qui est « au-dessus de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom, aussi bien dans le monde présent que dans le monde à venir. Car Dieu a tout soumis » au Christ assis à sa droite dans les cieux ».

Notre Espérance c’est ainsi qu’aucune fatalité, aucune blessure, aucune maladie, n’est irrémédiable aux yeux de Dieu qui a ressuscité son Fils d’entre les morts et qui lui a donné la Vie éternelle auprès de lui, et à nous une place auprès de lui !



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