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Vivre au cœur du monde vivre...
  La délégation catholique pour la coopération (DCC) .
 

Organisme de volontariat pour l’Eglise de France, la délégation catholique pour la coopération (DCC) est chargée d’organiser le départ de personnes dans divers pays du monde dans le cadre du volontariat civil de solidarité international. En 2008, la DCC fêtera ses quarante ans d’existence.

Pour nous faire partager cette belle aventure, nous avons rencontré Sylvain Meutelet, 24 ans, originaire des Alpes-de-Haute-Provence et ses proches, qui nous parlent de son expérience africaine.


« Cela fait maintenant un an que je suis parti en coopération au Burkina Faso avec la Délégation catholique coopérative (DCC). Mais cela fait bien plus longtemps que je me prépare à partir. Un long processus marqué par des temps forts dans la réflexion et le vécu.

Il y a un temps pour les grandes questions avant le départ, un temps où on se jette à l'eau, on décide de partir en coopération, un temps pour découvrir sa mission, s'intégrer et connaître les personnes qui nous accueillent et qui font partie de ce nouveau quotidien, et aussi le temps où les questions du départ reviennent. "Qu'est-ce que je fais ici, est-ce que j'ai bien fait de laisser ma famille, mes amis en France ?" Mais toujours on revient à ce désir initial : je suis parti pour donner du sens à ma vie et à mes actes.

Difficile de relater cette tranche de vie à part, d'autres auraient sans doute fait cela mieux que moi. Mais la coopération implique aussi un partage, un témoignage. Il s'agit un peu de préparer son retour, on revient riche de quelque chose de nouveau qu'il faut partager aux autres. Voici donc mon histoire.

Je reviens à la croisée des chemins. Avant de partir, j'étais professeur dans les Alpes-de-Haute-Provence dans un petit village. Après le bac, j'ai quitté Digne, ma ville natale, pour Marseille et les études, j'ai passé une licence de biologie puis le concours de professeur des écoles et je suis retourné dans les montagnes à Saint-Pierre pour une première année d'enseignement. J'avais aussi eu lors de mes études des engagements dans le scoutisme.

 

Qu'est-ce qui m'a poussé à partir ?

Cela faisait plusieurs années que je m'interrogeais sur cette possibilité de partir en coopération et que j'avais envie de me lancer dans cette expérience. J'ai toujours été attiré par la découverte d'autres pays, d'autres cultures. Un stage d'un mois au Sénégal pendant ma formation de professeur des écoles a confirmé ce désir. Je crois que ce qui a motivé mon départ c'est une envie d'être utile et de mettre en avant des valeurs que je vivais chez les scouts : la solidarité, le service. L'expérimentation d'une nouvelle culture, tout comme la beauté du continent africain m'interrogeaient beaucoup. J'avais aussi été bercé par les récits de mission de ma mère et de certains amis.

Et voilà, j'ai fait le pas : je suis volontaire DCC à Gaoua au Burkina Faso.

  Pourquoi partir avec la Délégation catholique pour la coopération ?

L'idée de partir avec une structure catholique ne me tentait guère : a priori, et la dimension de compassion mise en avant par certaines ONG (Organisations non gouvernementales) qui ne me correspondaient pas. Je voulais partir en tant que professeur et non comme chrétien missionnaire.

Finalement on m’a conseillé la DCC et je l’ai découvert concrètement lors de mon week-end de recrutement. Les échanges sur ses textes fondateurs m'ont révélé que les valeurs portées par la Délégation catholique coopérative étaient aussi les miennes à savoir le développement de tout l'homme et de tous les hommes, l'acceptation de chaque individu tel qu'il est, le tout dans un engagement chrétien. Par ailleurs, les postes proposés émanent de besoins locaux exprimés par le biais du diocèse d'accueil. Et enfin, la formation indispensable prépare bien à la réalité de la mission.

 

Ma mission de volontaire

Aujourd'hui, je suis professeur dans un collège-lycée privé à Gaoua au Burkina Faso. Ce collège est tenu par une congrégation de sœurs : les SAB (Soeurs de l'Annonciation de Bobo).

Au départ, je suis parti pour assumer la responsabilité de professeur de mathématiques, finalement j'enseigne les maths et les sciences de la vie et de la Terre. Le Burkina manque cruellement de professeurs, notamment dans les matières scientifiques. Est-ce de la solidarité concrète ? Je crois. En tout cas, par cet engagement temporaire, je réponds à une attente locale et j'essaie de la satisfaire au mieux avec mes compétences.

Pour moi, la mission correspond tout simplement au descriptif de mon poste et aux attentes des soeurs qui m'ont fait venir, c'est le côté emploi plus que tout autre chose. Je suis plus gêné par l'utilisation de "partir en mission", non aller travailler, découvrir une autre façon de faire, d'être, de vivre des relations, oui !

Ma rencontre avec la population de Gaoua se passe avant tout avec les élèves. Ils n'hésitent pas à venir me voir chez moi, hors contexte scolaire, pour des précisions concernant leur travail ou simplement pour me parler de leurs vies.

Elle se vit aussi au sein du quartier avec les voisins, lors des matchs de basket. ..Ce sont aussi des moments volés d'échanges au bord de la route, dans un cabaret, ici on a le temps de discuter, où les gens nous invitent. Petit à petit, on tisse des liens surtout avec les jeunes qui viennent nous voir plus facilement. La rencontre interculturelle c'est au quotidien qu'elle se vit, dans notre travail. Ma manière d'être interroge, les questions sur la France et son art de vivre fusent : " Pourquoi laissez-vous mourir vos vieux ?"

Cette rencontre, c'est aussi des difficultés, des incompréhensions, quand certains codes, certaines habitudes ne te conviennent pas, quand tu es choqué ou que tu choques les gens par ton attitude.

C'est essayer de comprendre ce qui fonde tes réactions ou celles des Burkinabés et accepter d'être remis en cause. Cette rencontre est pour moi une source de richesse énorme, une invitation à dépasser un a priori et pour m'ouvrir à une autre culture. C'est l'équilibre peu évident entre être fidèle à soi-même tout en respectant les coutumes locales.

Mon volontariat c'est aussi montrer qu'un blanc peut manger du tô, faire du vélo, boire de la bière locale sans être gêné ou tomber malade (ça arrive). "Ah bon, ce n'est pas comme dans Rubi (une série espagnole) où tous les blancs habitent une maison avec des domestiques ?" s'étonne-t-on.

La coopération interroge beaucoup les locaux : pourquoi es-tu venu ici ? Deux ans cela peut paraître long, et pourtant... Quand Jean Pascal ne passe volontairement plus te voir pendant trois semaines et qu'il t'explique qu'on commence à s'attacher à toi alors que tu t'en iras bientôt, et qu'il n'a pas envie de souffrir quand ce moment arrivera ; là, tu relativises. En effet, tu n'es que de passage. Je souhaite que ma coopération continue en France, que je garde en mon coeur cette question " et toi, comment accueilles-tu l'étranger chez toi ? Comment reproduiras-tu cette simplicité de la rencontre que tu as vécue au Burkina. " Ici, l'hospitalité n'est pas une utopie. »

 

Complexe scolaire Notre-Dame de l’Annonciation à Gaoua

  Le complexe scolaire de Notre- Dame de l'Annonciation est un établissement privé catholique de sept classes allant de la sixième à la terminale. Tous les professeurs qui interviennent sont des vacataires, ce qui pose un sérieux problème à la bonne marche de l'établissement.

Nous avons ainsi fait appel à la DCC pour accueillir des volontaires qui permettraient de pallier à ce problème mais aussi pour nous faire bénéficier de leur expérience de l'éducation française. En réponse à notre demande, nous avons reçu deux jeunes français dont Sylvain Meutelet.

Grâce à son aisance naturelle et à sa discrétion, Sylvain s'est adapté très rapidement à la réalité africaine de Gaoua. Le challenge pour un volontaire français est d'être à la fois ouvert, curieux et respectueux des coutumes locales. Sylvain, l'a fait à merveille, il est accueillant, il sait écouter, et pose des questions pour mieux comprendre.

Il ne craint pas par exemple de faire un tour au cabaret pour non seulement prendre une calebacée de dolo (bière de mil, boisson locale) mais surtout pour rencontrer les gens et échanger avec eux.

L'expérience d'enseignement de Sylvain nous apporte beaucoup : sa vision sur l'éducation permet des échanges avec les autres professeurs burkinabés. Il est animé du désir de pouvoir réellement aider chaque élève à mieux réussir. Il ne craint pas l'effort. Nous sommes très contentes de son travail et remercions la DCC de nous l'avoir envoyé.

Soeur Marie-Louis Dakouo

   

Témoignage

Christine et Pascal Meutelet, les parents de Sylvain, sont heureux de voir que leur fils, a assimilé les valeurs qu’ils voulaient lui transmettre.

‘‘Tout d'abord un petit clin d'oeil. Sylvain a été conçu en Afrique (au Cameroun) lors d'un voyage qui m'avait permis de faire découvrir à Pascal le pays où j'avais vécu deux ans. Peut-être cette petite partie de sa vie l'a-t-elle emmené jusque-là. Qui sait ? En tout cas, après l'avoir porté et accompagné, Sylvain nous a remis en route sur le chemin de la solidarité avec l'Afrique. J'ai été heureuse de son choix de partir deux ans pour enseigner au Burkina, surtout quand j'ai été sûre que son projet était bien ancré et qu'il était le sien. Il nous a interpellés et confortés sur les valeurs que nous voulions transmettre à nos enfants. En tout cas, il nous semble que quelque chose a été semé. Peut-être ne le sait-il pas encore mais il recevra certainement beaucoup, plus qu'il ne donnera. Cet été, nous irons en famille partager un peu de ce pays qui l'a adopté pour deux ans."

  LA DCC , PREMIER ORGANISME D'ENVOI DE VOLONTAIRES

  La Délégation catholique pour la coopération (DCC) est à l'image de son âge, assez ancienne pour être reconnue comme une structure de référence et encore dynamique pour être compétitive ; elle est le premier organisme d'envoi de volontaires : ils étaient six cent quatorze sur le terrain en 2006.

  En 1967, dans la continuité du Concile Vatican Il, la Conférence des évêques de France créait la Délégation catholique pour la coopération. L’Eglise se dotait ainsi d'une structure qui lui permettait d'envoyer des laïcs, en réponse aux demandes des Eglises du monde, en appui à des projets concrets pour le développement de tout l'homme et de tous les hommes.

La DCC a envoyé des générations de jeunes hommes qui choisissaient d'être volontaires de solidarité internationale pendant leur temps de service national. Et dès 1970, la DCC a aussi commencé à envoyer des civils. En 2001, à la suppression du service national, le nombre de candidats au départ ne diminue pas, signe que cette forme d'engagement fait maintenant totalement partie du parcours de nombreux jeunes adultes.

Aujourd'hui, la DCC est reconnue pour la qualité de sa formation, étape indispensable pour se préparer à rejoindre une Eglise locale et appuyer ses projets au service de la population. Le souci qu'elle a de l'accompagnement de ses volontaires pendant leurs vingt-quatre mois sur le terrain est un des critères que soulignent ses candidats dans leur choix. Ce souci ne s'arrête pas au terrain puisque la DCC propose aussi à ses volontaires des temps d'aide à la réinsertion. En quarante ans, la DCC a envoyé plus de quatorze mille volontaires dans plus de soixante-quinze pays. Ces volontaires se sont depuis engagés dans tous les secteurs de la société française, un certain nombre assumant des lourdes responsabilités, dans les domaines ecclésiaux, politiques, économiques, syndicaux et associatifs. Nul doute que leur expérience comme volontaire à l'étranger aura marqué leurs choix et la manière dont ils perçoivent aujourd'hui leur rôle dans le paysage français. Du côté de nos partenaires du Sud, congrégations, diocèses, associations, ces quarante années sont marquées par une double dynamique de pérennité des liens et d'adaptation aux nouveaux besoins locaux. Grâce à ses partenaires, qui sont aujourd'hui près de cinq cents à accueillir des volontaires, la DCC a acquis une riche expertise en terme de partenariat pour le développement. Aujourd'hui, son équipe de plus de cinquante chargés de mission régionaux accompagne les Eglises du Sud dans la définition des demandes de volontaires, dans l'évaluation de la pertinence de leur présence, dans le développement de nouvelles ressources financières pour leurs projets.

Quarante ans après sa création, ce travail proche de ses partenaires permet à la DCC de réaffirmer que ses volontaires participent autant au développement par le professionnalisme avec lequel ils exercent leur métier, que par le témoignage de fraternité et de dialogue que donne leur présence. Celle-ci s’effectue dans des conditions de vie modestes dans la durée, et par la façon dont ils acceptent de se laisser toucher et transformer.

Délégation catholique pour la coopération - www.ladcc.org

 

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