Annonce de la béatification dans l'Eglise ambrosienne (Milan)
le 26 juin 2011 de Sœur Enrichetta ALFIERI,
Sœur de la Charité de Sainte Jeanne Antide Thouret.
Sœur Enrichetta Alfieri, née à Borgovercelli le 23 février 1891, est entrée chez les Sœurs de la Charité de Sainte Jeanne Antide Thouret le 20 décembre 1911. A 28 ans, frappée d'une grave maladie, elle est guérie miraculeusement le 25 février 1923, quelques mois après un pèlerinage à Lourdes. Envoyée en mission à la prison Saint Victor de Milan, elle y resta jusqu'à sa mort le 23 novembre 1951. La prison devint sa maison, le lieu de son amour. Elle disait : « La charité est un jeu brûlant qui aime à se répandre, je souffrirai, je travaillerai et prierai pour attirer les âmes à Jésus».
Sœur Enrichetta fut pleinement fidèle à cette résolution et pendant 28 années passées parmi les détenues de Saint Victor, elle a répandu son sourire. Elle était convaincue que quiconque l'approchait devait percevoir la douceur, le sourire et le parfum de Dieu. Elle les répandit aussi dans les moments tragiques de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu'elle-même fut arrêtée à cause de l'aide qu'elle portait aux prisonniers, victimes des violences nazies. Après la Libération, ce furent les mêmes prisonniers qui demandèrent son retour, parce qu'ils la considéraient comme «leur ange». L' «Ange de Saint Victor », la «Maman de Saint Victor », ainsi est-elle surnommée depuis sa mort, le 23 novembre 1951.
Dans la joie pascale, les Sœurs de la Charité de Ste Jeanne Antide Thouret vous invitent à partager leur action de grâce et leur prière : «que la future bienheureuse guide nos pas et que le Seigneur Jésus, par son intercession, renouvelle dans la foi sa sainte Eglise ».

Mes très chères Sœurs,
Voilà dix ans de présence de votre communauté à la Maison St Vincent. Je garde un souvenir ému de la célébration d’accueil des trois premières sœurs et je rends grâces à Dieu pour elles et celles qui leur ont succédé. En effet que de grâces reçues de vous par votre présence souriante en cette maison au service des résidents, pour votre amitié avec les directeurs et les personnels, pour votre présence priante fidèlement au cœur de cette maison et à la chapelle. Je rends grâces et je dis ma gratitude envers votre Congrégation et ses supérieures générale et provinciale.
Que par l’intercession du Père Ravel votre vénéré fondateur, de Marie dans le mystère de sa Présentation, que l’offrande de vos existences consacrées dans la prière constante et le service humble des personnes aînées, soit bénie par Dieu, Lui le Père, le Fils et l’Esprit-Saint !
Avec toute mon affection.
+François-Xavier Loizeau, Evêque de Digne
Dix oui, dis ‘‘oui’’ !
L'ange a demandé à Marie d'être la maman de Jésus: elle a dit « oui»
Le Père supérieur des missions étrangères de Paris a demandé au Père Joseph Ravel de quitter son pays pour une terre inconnue : il a dit « oui»
Monseigneur François-Xavier Loizeau a demandé à Mère Daria une communauté pour la Maison Saint Vincent, elle a dit «oui»
La Mère générale a appelé des sœurs pour fonder la première communauté en Provence, des sœurs ont dit « oui»
Les responsables successifs de la Maison Saint Vincent ont été appelés à accompagner notre communauté, ils ont dit « oui»
Mais aussi
Mes sœurs, mes amis, autorités ou personnes agissant discrètement, nous vous avons appelés à partager cette fête aujourd'hui et vous êtes là, vous avez dit « oui»
Vous, nos aînés, résidants de cette maison, chaque jour vous accueillez notre présence et notre aide, vous dites « oui»
Vous, collègues de travail chaque jour, vous nous aidez à faire équipe pour le bien être des résidants, vous dites « oui»
Vous, membres de la communauté paroissiale vous êtes présents, et vous priez avec nous, vous avez dit « oui»
Pour ces dix oui qui ont été dits, MERCI !

Dans ce nouveau dossier consacré au sacrement du mariage vous trouverez deux témoignages. Ils illustrent plus spécialement la préparation au sacrement quant aux moyens et à la méthode utilisée. L'équipe du EPM du secteur de Forcalquier relate cette préparation à travers l'accueil des fiancés, leur projet de mariage et la manière dont l'équipe essaie de satisfaire leur demande et attente pour répondre à l'appel de Dieu afin vivre cette belle vocation qu'est le mariage.
Le second témoignage est un «ressenti» du couple par rapport à leur vision du mariage et ce qu'il en retient et vit, progressant dans leur cheminement au cours de la préparation.
La découverte de ce mystère d'alliance entre l'homme et la femme qui est à l'image de l'alliance entre le Christ et son Eglise : son Epouse, entre le Christ et l'homme et enfin entre le Christ et l'humanité entière est source d'amour, de fidélité, de liberté et d'indissolubilité.
La Parole de Dieu évoquée et choisie pour ce dossier exprime l'essentiel de cette vocation où la présence divine dans le mariage est principe de l'amour donné et le partage réciproque d'une vie offerte pour vivre cette vocation sous son regard.
Témoignage de l’équipe de préparation au mariage
du secteur de Forcalquier
Les Equipes de préparation au mariage

Comme sacrement et engagement de tout l'être dans la durée, le mariage chrétien mérite une préparation approfondie des futurs époux. Pour répondre à ce besoin, les Equipes de préparation au mariage (EPM) œuvrent depuis environ 40 ans. Elles sont composées, au niveau de la paroisse, du curé et d'une équipe de laïcs engagés ; à l'échelle du diocèse, il y a un couple nommé par l'évêque et responsable des EPM pour le diocèse, et un aumônier qui veille sur la formation spirituelle.
Les laïcs engagés sont sérieusement préparés à leurs fonctions : outre une formation de base et un diplôme délivré par la Fédération nationale des associations de centres de préparation au mariage, ils participent chaque année à une journée de formation diocésaine.
Le futur couple est mis au courant de la nécessité de participer à cette préparation dès son premier contact avec le curé. En 2010 une centaine de couples ont fait la préparation au mariage dans le diocèse.
Le constat d'un décalage croissant entre, d'une part, la demande des couples le plus souvent éloignés de l'Eglise et, d'autre part, l'offre du sacrement de mariage, amène les évêques de France à décider en 2002 de porter à un an cette période de formation. Dès lors les EPM doivent se structurer davantage.
L'accueil des fiancés et leur formation
L'accueil des futurs couples est une phase clé de toute la formation : ils sont d'abord accueillis par la communauté paroissiale au cours d'une messe. Ensuite les formateurs apprennent à les connaître, et les font cheminer de là où ils en sont vers la découverte progressive de l'Eglise que souvent ils ne connaissent pas.
La formation des fiancés consiste à connaître, méditer et s'approprier les quatre réalités humaines et divines qui, comme quatre piliers, fondent le sacrement du mariage : la liberté, la fidélité, l'indissolubilité et la fécondité, pour laquelle est considérée à la fois sa dimension physique, et sa dimension spirituelle. Bien que le mariage religieux soit à leurs yeux un ‘‘plus’’ par rapport au mariage civil, les fiancés arrivent à la préparation un peu 'à reculons' : animés de désirs simples calqués sur la société individualiste et consumériste dans laquelle nous vivons, ils sont assez ignorants des vérités objectives de la foi et souvent éloignés d'une vie de foi, ce qui rend nécessaire de vérifier la qualité et la solidité de leur désir de mariage. Cependant la préparation au mariage ne consiste pas à combler des lacunes par un enseignement adapté ; ce n'est pas un rattrapage de catéchisme.
Les futurs couples sont mis au contact de la Parole de Dieu, ils se laissent interpeller par elle ; en elle ils découvrent que Dieu les aime et que leur amour humain est à l'image de l'amour de Dieu pour nous. Ils y découvrent également que Dieu pardonne et nous exhorte à pardonner nous aussi.
Connaissance de soi et de l'autre dans le projet commun
Les formateurs amènent les fiancés à examiner l'importance de la communication dans le couple, comment elle passe par une meilleure connaissance de soi et de l'autre : pour cela il leur est proposé d'acquérir des notions de psychologie humaine, avec les différences entre psychologies féminine et masculine.
Ils sont appelés à réfléchir et échanger sur leur projet de vie, leur projet commun, comme une maison à construire : ce faisant ils examinent et expriment leurs désirs, constatent leurs différences, en parlent. Ce travail à deux est essentiel pour que leur union ne repose pas seulement sur des réalités sensibles, mais aussi sur des réalités morales et spirituelles fondamentales. Après cela, ils seront prêts pour rédiger la déclaration d'intention, au terme de la formation.
La communication continue
Des liens se tissent entre les fiancés en formation car ils se posent les mêmes questions aux mêmes moments, ils ont souvent les mêmes difficultés, les mêmes lacunes. Ainsi ils vivent une des composantes de la réalité de l'Eglise : la communauté.
Les laïcs formateurs témoignent des liens qu'ils ont créés avec les fiancés, ils restent disponibles pour les rencontrer, aiment à avoir de leurs nouvelles, à connaître leur évolution, les invitent à des rassemblements de la communauté chrétienne.
M-A Pluvinet et M-F Castagna
Témoignage de Nicolas et Emilie en vue de leur mariage
Nicolas et moi, nous nous sommes rencontrés il y a un peu plus de 10 ans. Durant ces années nous avons appris à nous connaître, à vivre ensemble, à s'aimer ainsi qu'à se respecter ; c'est pourquoi nous avons décidé de nous engager dans le mariage devant Dieu le 23 juillet 2011.
Nous demandons à l'Eglise le sacrement du mariage car il représente pour nous la concrétisation de notre amour. Cet engagement représente pour nous une promesse mutuelle de vivre ensemble un amour qui sera éternel.
Nous vivons en couple depuis 7 ans. Le mariage ne changera rien concernant notre vie quotidienne ; cependant le mariage est un sacrement, Dieu sera présent dans le "oui" qui engage toute notre vie, chaque jour qu'il fera il sera présent dans notre vie de couple pour vivre avec nous les moments heureux mais aussi nous soutiendra, nous guidera dans les moments difficiles.
Pour nous le mariage à l'Eglise est quelque chose d'évident, dans notre famille c'est un rituel. De plus le mariage à quelque chose de «magique», depuis mon enfance j'attends ce jour avec impatience.
Le mariage à l'Eglise est une alliance avec l'autre mais aussi avec Dieu.
Nous nous inspirerons tout au long de notre vie des quatre piliers du mariage pour entretenir notre relation. En effet nous resterons fidèles dans notre couple tout en respectant la liberté de chacun. Chaque jour va nous apprendre de nouvelles choses, nous avons toujours a apprendre de l'autre.
Enfin nous vivrons un mariage indissoluble, nous nous voyons passer nos vieux jours ensemble ; vivre chaque moment accompagner de l'autre serait notre souhait le plus cher...
Emilie et Nicolas
‘‘Appelé à l’existence par amour, l’homme est appelé à l’amour’’.
(Jean-Paul II)
Il y a deux façons de réaliser notre vocation à l’amour, c’est le mariage et le célibat consacré.
Le mariage rend visible au cœur du monde la façon dont aime le Dieu de l’Alliance. Son amour est libre et gratuit, il est fidèle, il est pour toujours, et il est source de fécondités.
« L’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous les deux ne feront qu’une seule chair : ce mystère est de grande portée : je déclare qu’il concerne le Christ et l’Eglise » (Ephésiens 5, 31-32).
Le mot mystère sous la plume de l’Apôtre Saint Paul n’a pas la même signification qu’en français. Le mystère, dans le christianisme, c’est la révélation d’un secret. Nous sommes, avec le sacrement de mariage, introduit dans la révélation d’un secret qui est celui même de Dieu. Dieu a voulu le couple pour nous révéler son secret le plus beau : « Je ne suis qu’amour et don et voilà comment Moi, le Dieu de l’Alliance, je vous aime. Je vous aime comme cet homme et cette femme s’aiment ! Librement (mon amour n’est motivé par rien si ce n’est l’amour. Je ne suis qu’amour et don. Mon amour est gratuit, gracieux, en langage chrétien on dit qu’il est grâce), mon amour pour vous est fidèle ; quels que soient vos refus, vos infidélités, Moi je suis le Dieu fidèle éternellement (si nous sommes infidèles, Dieu demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même. 2. Timothée 2, 13) et cette fidélité est pour toujours, elle s’étendra même au-delà de votre existence terrestre et c’est la fidélité de mon amour qui vous ressuscitera. Et mon amour, si vous le recevez et le partagez, sera dans vos vies d’une fécondité que vous ne pouvez même pas imaginer. Il vous fera naître à des parts insoupçonnées même de vous-mêmes.
Le sacrement de mariage donne aux époux de signifier, en y participant, (c’est le sens du mot sacrement) la façon dont Dieu aime son peuple, dont le Christ aime l’Eglise. Cet amour est signifié et actualisé, rendu visible, dans et par la vie conjugale. Nous sommes face à une double révélation : Dieu révèle, apprend, au couple à aimer comme Lui et le couple révèle ce qu’est l’amour de Dieu : chaque conjoint en aimant l’autre librement, fidèlement, pour toujours, en étant source dé fécondité(s) pour l’autre lui révèle ainsi la façon d’aimer de Dieu et tous les deux ensemble la révèlent à ceux qui les voient vivre. Le couple devient vitrine, il est la visibilité et la lisibilité de la façon d’aimer du Dieu de l’Alliance, révélant ainsi la vocation fondamentale de l’être humain créé à l’image et à la ressemblance de Dieu : « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même » (Ste Thérèse de l’Enfant Jésus).
Père Christophe Disdier-Chave,
vicaire général, prêtre accompagnateur
de la Pastorale du mariage, de la famille et de la vie.
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