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diocésain
au diaconat

Ordination au
diaconat permanent

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Bernard Dubrulle

En janvier 2011, Monseigneur Loizeau l'a institué aux ministères de lecteur et d'acolyte
(on peut voir l'homélie et les photos)
........voir également l'article du Père Stéphane Ligier et les témoignages



liste des diacres permanents du diocèse


Appel au diaconat permanent

Grande de joie, avec l’Eglise entière, en cette fête de l’Ascension du Seigneur, d'appeler M Bernard Dubrulle à recevoir l’ordination au diaconat permanent au nom et pour le diocèse de Digne et de l’annoncer à la communauté du secteur de l’Ubaye et au diocèse de Digne. L’ordination aura lieu le dimanche 2 octobre 2011 en la cathédrale Notre-Dame du Bourg à Digne. La cérémonie commencera à 15 heures.

+ François-Xavier LOIZEAU, évêque de Digne, Riez et Sisteron


 

En janvier 2011, Monseigneur Loizeau a institué aux ministères de lecteur et d'acolyte M Bernard Dubrulle en vue d'une ordination au diaconat permanent (on peut voir l'homélie et les photos).

 


 extraits d'Eglise de Digne de septembre

Trois hommes ordonnés diacres
Un même ministère, des situations différentes

 

À l’occasion de l’ordination diaconale de M. Dubrulle, il m’a été demandé de présenter un historique du diaconat. Cela m’est impossible en quelques lignes car c’est une longue histoire qui est reprise de manière remarquable par de nombreux théologiens et notamment lors de ces dernières décennies puisque le diaconat dans une forme permanente a été restauré lors du deuxième concile du Vatican (1962-1965). Vous pouvez lire de nombreux documents de grande qualité. Je me suis appuyé sur le texte de la Commission-Théologique-Internationale, « le diaconat, évolution et perspective » (novembre 2002) , je vous recommande aussi le site français du diaconat permanent : http://www.diaconat.cef.fr/.

Je vous propose de pointer quelques questions historiques et contemporaines au travers de deux ordinations célébrées dans notre diocèse et une à venir.

En janvier dernier, à Barcelonnette, lors de la messe dominicale, M. Bernard Dubrulle a été institué ministre de la parole et de l’eucharistie, deux ministères laïques vécus en vue du diaconat permanent. M. Dubrulle sera ordonné diacre le 2 octobre à 15 h à la cathédrale Notre-Dame-du-Bourg. Nous avons eu la grande joie d’assister à l’ordination presbytérale de M. Franck Savornin qui était diacre depuis plusieurs mois, il a exercé ce ministère dans le secteur de Sisteron. Nous avons aussi vécu l’ordination presbytérale de M. Jean Boudoux, diacre permanent depuis de nombreuses années. Trois événements importants pour notre Église diocésaine. Trois exemples intéressants qui soulignent la richesse de l’Église de France en ce moment sur le plan pastoral et théologique. Ces trois ordinations dévoilent plusieurs questions autour du même ministère diaconal.

L’ordination de Franck Savornin implique la question d’un ordre transitoire, cependant, en creux, il dit quelque chose d’essentiel : ce ministère n’a jamais été oublié ou abandonné dans l’Église. En effet le diaconat ne dit pas quelque chose de lui-même mais il révèle que seul le Christ est serviteur, le seul diacre. L’Église vit par le regard de son époux, elle est par conséquence servante de l’humanité. C’est toujours le Christ qui révèle la vocation de l’Église pour le monde. Sans jamais retirer le diaconat des ministères ordonnés, à partir du Xème siècle, l’Eglise n’évoque plus d’ordination diaconale pour exercer ce ministère à vie mais toujours en vue d’un autre ministère, soit presbytéral soit épiscopal. Pour de multiples raisons complexes et différentes, le diaconat dans sa forme permanente a disparu. Nous pouvons évoquer plusieurs d’entre elles : la place importante prise par les diacres sur le plan de la proximité dans les communautés reléguant souvent les prêtres à un simple ministère de présidence des sacrements, des dérives fortes de diacres dans le ministère les faisant basculer de l’exercice de la charité à la seule gestion économique de paroisses, d’œuvres ou même de diocèses. Petit à petit, le diacre a été cantonné à l’exercice liturgique et dans le même temps on attribuera des fonctions supplémentaires au fur et à mesure des étapes franchies jusqu’à l’épiscopat. En Gaule, à la fin du Vème siècle, il est proposé cinq ordres inférieurs institués par la porrection des instruments et trois ordres supérieurs (épiscopat, presbytérat et diaconat) ordonnés par imposition des mains. « À Rome, au IXème siècle, le sous-diaconat est le seul passage obligatoire du cursus avant l’accès aux fonctions supérieures. Tous les papes entre 687 et 891 ont été sous-diacres » et cinq seulement parmi eux ont reçu le diaconat, les autres ont eu accès directement au presbytérat puis à l’épiscopat. La question de la sacramentalité du diaconat a été en discussion, elle l’est encore aujourd’hui dans une moindre mesure. Ainsi, on trouve parfois des textes de théologiens ou même des rituels liturgiques qui parlent de consécration ou d’ordination pour l’épiscopat et le presbytérat et de bénédiction ou d’institution pour le diaconat. Cette dernière question a accentué ce phénomène d’étape du diaconat vers le presbytérat ou/et l’épiscopat. Peu à peu le diaconat aura un rôle de passage entre les ministères inférieurs et le presbytérat et l’épiscopat. Enfin, les diacres perdront même leur rôle premier de la charité puisque peu à peu des monastères ou des laïcs missionnés assureront cet office.

Le diaconat transitoire aujourd’hui pose certaines questions.

Comment éviter l’impression de « poupées russes » comme si l’ordination presbytérale était un « grade » supérieur à l’ordination diaconale ? Comment éviter de tomber dans le cliché spirituel où il faudrait être diacre pour vivre le service en tant que prêtre ? Comment vivre pleinement un ministère diaconal lorsque le but n’est pas ce ministère ? Comment avoir une place dans l’ordre des diacres alors que l’on est tendu vers une place plénière dans le presbyterium ? Comment les laïcs et les prêtres se situent-ils par rapport à ce diaconat « transitoire » ? Lui donnent-ils sa place réelle en tant que diaconat ou sont-ils eux aussi plongés dans un avenir presbytéral ?
L’ordination au diaconat permanent de Bernard Dubrulle nous rappelle la restauration de ce ministère par le concile Vatican II. Plusieurs motivations furent à l’origine de cette restauration. Les prémices virent le jour lors de la deuxième guerre mondiale surtout en Allemagne où de nombreux prêtres furent emprisonnés ou tués. Puis des questions théologiques apparurent avec les avancées bibliques, liturgiques et œcuméniques ante-conciliaires. Les discussions parfois même les tensions autour des prêtres ouvriers favorisèrent la pensée d’un ministère ordonné « du seuil », notamment en France. Les missions dans les milieux ouvriers ou dans les situations les plus pauvres socialement ne furent pas neutres, en tout cas dans la définition que l’on donnât plus tard du diaconat permanent en France. L’une des raisons du concile fut de rétablir ce ministère pour les jeunes Églises africaines et asiatiques. Le projet pour l’Afrique fut d’ordonner des hommes mariés déjà catéchistes (donc responsables de communautés) et leur permettre de célébrer certains sacrements (baptêmes, mariages). Il s’avéra très vite que ni l’Afrique, ni l’Asie ne se saisirent de ce ministère. L’Afrique préféra rester sur son modèle de catéchiste mandaté pour éviter toute confusion entre le ministère du prêtre et un ministère de « sous-prêtre marié », le fait aussi que le diacre ne puisse conférer seulement le baptême et le mariage fut un frein ; en effet, avec délégation un laïc peut baptiser et assister à un mariage. C’est donc l’Amérique et l’Europe qui s’emparèrent de ce ministère dans de très grandes proportions, pour des raisons différentes d’un pays à l’autre. Nous pouvons retenir deux grandes tendances assez marquées jusque dans les années 2000 :

  • Des diacres pour la liturgie et pour pallier au manque de prêtres ; certains diacres furent alors responsables de communautés. La confusion entre ministère presbytéral et ministère diaconal peut alors resurgir comme ce fut le cas en certaines Églises antiques.
  • La seconde tendance, retenue en France, parfois de manière radicale, est d’insister sur le ministère du seuil du diacre notamment en ordonnant des hommes en pleine activité professionnelle avec très peu de ministère intra-ecclésial et un enracinement quasi obligatoire dans la société civile.

En France, depuis une décennie, cette dernière approche est en train de se transformer, la moyenne d’âge des ordinations diaconales a fortement augmenté, la présence liturgique et sacramentelle est de plus en plus importante dans les paroisses ou les diocèses. Le peu de prêtres et l’articulation ministère diaconal et ministère de laïcs missionnés ont tendance aussi à donner une place plus grande à un ministère intra-ecclésial aux diacres permanents.

Une particularité de l’Église de France fut aussi la question de l’interpellation. Pendant plusieurs décennies, l’évêque interpelait un homme en vue du diaconat, puis se faisait un discernement. Il y avait une méfiance vis-à-vis d’un candidat qui se présentait en vue de ce ministère, il s’agissait souvent d’anciens séminaristes. Mais cette interpellation au diaconat a permis dans certains cas à l’Église d’interpeler de la même manière d’autres hommes en vue de la prêtrise. Nous rappelons ainsi qu’une vocation au ministère ordonné nait dans l’Église qui peut percevoir une vocation chez un homme, la dévoiler chez lui. Une telle interpellation est délicate et demande du discernement surtout avec l’enjeu du célibat pour le presbytérat mais c’est aussi un appel à la délicatesse et au discernement lorsque l’on appelle un homme au diaconat permanent. De plus, cette manière de faire est systématique en ce qui concerne l’épiscopat.
Il n’est pas rare aujourd’hui que des hommes se proposent au diaconat. Le grand nombre de diacres en France est un témoignage et forcément ils deviennent appelants par l’exercice de leur ministère. Le discernement est alors indispensable dans une société où l’engagement à vie n’est pas à la mode, où les relations interpersonnelles ou avec des communautés sont souvent d’abord marquées par les sentiments. Enfin il ne faudrait pas que ces hommes se sentent appelés plutôt à être prêtres mais étant mariés, par défaut ils ne peuvent demander « que » le diaconat.
Le diaconat permanent interroge aussi la discipline ecclésiale du célibat pour les prêtres et les évêques. En premier lieu dans un sens positif car les communautés chrétiennes ont très bien accepté que des hommes mariés soient en aube et étole dans le chœur. En autorisant l’ordination d’hommes mariés, nous puisons dans l’histoire de l’Église et nous sommes en communion avec les Églises catholiques orientales qui ont gardé les deux traditions : l’ordination diaconale et presbytérale d’hommes mariés ou célibataires. C’est bien entendu le signe d’un réel questionnement à propos de l’ordination presbytérale uniquement d’hommes célibataires. Débat compliqué qui demandera de grandes révisions quant au ministère actuel des prêtres si des hommes mariés sont ordonnés prêtres (éviter un ministère à deux vitesses, comment les laïcs se positionneront-ils? Les questions économiques… Le diaconat permanent n’en sera-t-il pas fragilisé ? Le fonctionnement des Églises orientales marquées par ces deux traditions n’est forcément pas le même que celui des Églises occidentales…).
Le diaconat interroge aussi sur la place de l’épouse. Elle n’est pas diacre, on n’ordonne pas un couple diaconal, c’est bien l’homme qui est ordonné. Un théologien du diaconat a rédigé une étude théologique en différenciant ces deux expressions : « la femme du diacre » et « l’épouse dont le mari est diacre ». Il ne s’agit pas simplement de rhétorique mais d’un repositionnement des sacrements reçus. En effet, le diacre comme tout ministre ordonné est appelé à servir une communauté et cette communauté a le droit (parfois même le devoir) d’interroger ce service. Ainsi, le diacre peut être interrogé par son épouse au nom de son baptême et de sa confirmation. Au même titre que n’importe quel chrétien, l’épouse appartenant à la communauté est en droit d’interroger l’exercice du ministère diaconal, de cet homme qui est aussi son mari. Cette dimension communautaire est intéressante pour l’exercice des ministères de prêtre et d’évêque. Eux aussi sont ordonnés au service en tant que pasteurs d’une communauté et celle-ci a le droit (parfois-même le devoir) d’interroger ses ministres. Aucun évêque, aucun prêtre, aucun diacre n’est ordonné dictateur mais ministre de la communion et de la communauté, celle-ci peut donc dialoguer en fonction de cette communion.

Puisque je parle des épouses dont le mari est diacre, il faut aborder la question des diaconesses . Ce ministère a existé dans l’Église antique, nous n’en trouvons plus aucune trace à partir du Xème siècle. Il semble que ces femmes avaient des ministères liées à la décence : baptême et toilette mortuaire de femmes. Dans plusieurs Églises, certaines ont eu un ministère plus large et même ont été un signe et un témoignage fort du service du Christ aux plus pauvres. Il semble tout de même que ce ministère n’ait pas été exactement le même que celui des hommes, même si l’on parle volontiers d’imposition des mains et d’ordination. Cette question est toujours ouverte dans l’Église et débattue. Cependant en ordonnant diacre systématiquement les futurs prêtres, on risque de faire penser que des femmes accédant au diaconat pourraient un jour devenir prêtres. Ce ministère n’a jamais été donné dans l’Église catholique à des femmes, au nom de l’écoute attentive de la Tradition où Dieu s’exprime, l’Église ne s’est jamais donc autorisée d’ordonner des femmes prêtres.

Depuis de nombreuses années Jean Boudoux exerçait un ministère diaconal notamment auprès des personnes fragilisées dans leur santé. Après plusieurs années de veuvage, notre évêque lui a proposé un discernement pour être ordonné prêtre. Nous avons assisté l’an dernier à son ordination presbytérale en même temps que l’ordination diaconale de Franck Savornin. En France le Comité-National-du-Diaconat a longtemps été très réticent à l’ordination presbytérale de diacres permanents célibataires ou veufs. De nombreux évêques partageaient cette position. Le risque étant d’apporter une confusion certaine où nous pourrions penser que le diaconat ne serait qu’une étape vers une ordination supérieure. Deuxième réticence forte, la tentation d’augmenter le nombre de prêtres en proposant aux diacres veufs ou célibataires de gonfler les rangs du presbyterium.
Certains historiens théologiens avancent l’hypothèse aujourd’hui que dans l’antiquité on ordonnait des hommes diacres systématiquement en vue d’un autre ministère soit épiscopal soit presbytéral. Ces théologiens sous-entendent que le diaconat dans une proposition permanente a été inventé au concile Vatican Il. Le concile n’a donc pas inventé le diaconat mais aurait mis en place cette notion de permanence et non en vue d’un autre ministère ordonné.
Au IVème siècle, « la prière d’ordination du diacre par l’évêque atteste que le diaconat est envisagé comme un degré transitoire vers le presbytérat : « Accorde-lui d’accomplir avec satisfaction le service qui lui a été confié (…/…) pour être jugé digne d’un rang supérieur… » Nous pourrions objecter que des hommes éminents sont restés diacres en étant même légats d’évêques ou de papes. Mais nous ne savons pas si ces hommes ont refusé un autre ministère ou si même on leur a proposé, car il est avéré que le fonctionnement de la triade diacre-prêtre-évêque n’était pas la même d’une région à l’autre et d’une époque à l’autre. Ce qui est d’ailleurs le cas actuellement, le ministère diaconal ne revêt pas les mêmes réalités aux États-Unis, en Allemagne, en France ou en Afrique où il n’est quasiment pas proposé. Comment savoir quelle figure le diaconat prendra en France dans cinquante, deux cents ans ? Cette question est la même pour l’épiscopat et le presbytérat. Toute la difficulté réside dans l’articulation entre la forme et le fond, sans distinction schizophrénique et sans confusion sclérosante. La forme des ministères ordonnés peut bouger, évoluer, changer, se transformer pour le service du monde mais sans jamais altérer le fond porté par l’institution du Christ lui-même.
Nous sommes très sûrement à une époque charnière en France à propos du diaconat. Il faut reprendre certaines questions à nouveaux frais devant les évolutions de notre société et des changements profonds dans notre Église. La réflexion doit s’opérer sur deux plans à la fois l’Église diocésaine et l’Église de France bien entendu en communion avec l’Église universelle. Je me permets d’en évoquer quelques unes, sans ordre d’importance. Quelle forme d’interpellation ? Quelle est la place de l’équipe d’accompagnement ? Quelle formation intellectuelle, théologique, pastorale ? Quelle place du diaconat permanent dans l’Église diocésaine, dans un secteur paroissial, au sein d’un ordre de diacres (assez nombreux maintenant dans les diocèses) ? Quels rapports avec les laïcs (notamment les laïcs missionnés) et les prêtres ? Quel discernement des missions confiées sur le plan local ou diocésain ? Comment se situer dans les rapports familiaux et notamment avec l’épouse ? Quelle disponibilité, quelle stabilité dans un lieu précis, avec une histoire commune avec le diocèse et la paroisse ? Quelle présence liturgique et sacramentelle ? Quels types de relations construites dans le milieu professionnel ? Comment éviter une dualité prêtres-laïcs en oubliant le ministère précieux diaconal ? Comment éviter la suppléance du prêtre tout en évitant la suppléance de laïcs formés ou/et missionnés ? Comment construire une pastorale cohérente avec la présence d’un diacre dans la durée et des changements réguliers de curés… ?
D’autres questions stimulantes trouveront des réponses d’abord dans la pratique pastorale et la relecture spirituelle de ce dialogue communautaire entre ministres ordonnés et laïcs pour annoncer toujours plus profondément le Royaume. Cette relecture et cette prise de distance fait naître la théologie et nous permet d’unifier sans uniformiser. Ce dialogue dans l’Esprit à propos du diaconat nous permettra de toujours mieux ajuster la place des évêques et des prêtres et des fidèles laïcs pour un seul et même but : annoncer le Christ sauveur et son immense proximité.
Pour le Comité-Diocésain-du-Diaconat,  Stéphane Ligier, prêtre


Epouse de Diacre

 

Il y a tout juste cinq ans, le 2 juillet 2006, Pierre, mon mari, était ordonné diacre permanent. Depuis lors, ce n’est plus un laïc : il fait partie intégrante du clergé diocésain.
Au cours de la cérémonie d’ordination Monseigneur Loizeau s’est adressé à moi en ces termes : « Madame, l’Église me demande d’ordonner diacre votre mari. Acceptez-vous ce que cette ordination va entrainer pour votre vie conjugale et familiale ? » J’ai répondu « Oui ». Voila donc 5 années que je suis entrée dans une catégorie minoritaire de femmes dites « épouses de diacres ». A vrai dire, cet évènement n’a pas changé radicalement ma vie. Je me sens d’abord, et avant tout, l’épouse de Pierre.

J’ai eu la chance de naître au sein d’une famille très croyante, et depuis ma plus tendre enfance j’ai baigné dans la foi chrétienne. Le Seigneur a placé Pierre sur ma route, et, il y a 45 ans, encore très jeunes tous les deux, nous nous sommes engagés l’un envers l’autre dans le mariage. Nous avons deux fils et une petite fille de 4 ans. Ce « OUI » que nous nous sommes dit l’un à l’autre en 1966 ressemble, je le pense, au « OUI » que nous avons dit à l’Église, chacun à notre place, en 2006. L’un et l’autre « OUI » sont à redire chaque jour. Ils sont notre engagement à aller toujours de l’avant, même à petits pas, avec beaucoup d’humilité.

Ma place d’épouse de diacre se situe dans l’ombre, discrète et en retrait. Ma mission personnelle est celle de tout baptisé. Bien sûr, je m’efforce d’aider Pierre de mon mieux dans les tâches matérielles (téléphone, réception des personnes qui viennent le rencontrer) etc.
Le sacrement de l’Ordre reçu par Pierre et totalement accepté par moi renforce et enrichit le sacrement de notre mariage. Il ne lui enlève rien, bien au contraire, et nous le recevons comme une grande grâce. J’ai découvert, par exemple, la beauté et la richesse de l’office des Heures que nous disons ensemble chaque jour en union avec l’Église universelle.

Je crois pouvoir dire qu’à tous les âges, à chaque étape, le Seigneur a toujours été le moteur de ma vie et c’est avec beaucoup d’espérance et de confiance dans la force de l’Esprit Saint que je continue la route dans la paix et la sérénité.

Michelle Léouffre


 

Témoignage de M. Paul Rebattu, diacre

 

Ces 4 années de diaconie n'ont rien changée dans ma vie quotidienne, famille, travail, associations, conseiller municipal, engagements paroissiaux.

Je vis tout cela dans la continuité des années qui ont précédé mon ordination diaconale. C'est seulement l'esprit dans lequel je les vis qui a changé.

Envoyé par l'évêque en mission dans mon milieu de vie : la Vallée, je suis son messager dans ma vie quotidienne et dans tous mes engagements.
Sentir la présence du Seigneur dans les moindres choses, ma relation avec mes clients. Rencontrer le Christ souffrant chaque semaine en rendant visite aux malades de l'hôpital. Aider les familles en deuil à découvrir la présence du Seigneur dans leur souffrance de la séparation et à garder espoir. Apprendre chaque jour à me laisser habiter par le Seigneur par sa Parole, l'Eucharistie, la prière de l'Eglise et personnelle.

Rester optimiste quelles que soient les circonstances. Le Seigneur est toujours présent à nos côtés.

Allélluia ! !
 Paul Rebattu

 

 


Le diaconat permanent

 (extrait d'Eglise de Digne de juin)

Après avoir accompli ma carrière professionnelle dans la banque, j’ai reçu, au moment de prendre la retraite, l’appel de l’Eglise par l’intermédiaire de mon évêque pour un ministère diaconal au sein de notre diocèse.
J’ai donc été ordonné le 2 juillet 2006 en la cathédrale Notre Dame du Bourg à Digne.
Si, en France,  le ministère diaconal est bien identifié sur un plan théorique, il est très varié en ce qui concerne les tâches concrètes. Les divers articles à venir de mes frères diacres montreront bien, je pense, cette diversité des missions.

En ce qui me concerne, ma lettre de mission  s’articule autour de différents domaines :

  1. d’abord, bien entendu, mon foyer puisque je suis marié, père de deux garçons et grand-père d’une petite fille de 4 ans. C’est dans le sacrement de mariage que je prends appui, sacrement qui se déploie à présent dans cette situation nouvelle de diacre.
  2. le second lieu de visibilité de ma mission se situe au niveau du secteur paroissial où je dois collaborer avec mon curé pour le seconder efficacement au niveau du service de la Parole et des Sacrements : mariages, baptêmes, obsèques, rencontres de prière, visites des malades, des isolés, viatiques aux mourants, aides aux équipes liturgiques etc.…
  3. ma mission s’étend également au niveau du diocèse puisque je suis, avec le père Philippe Michel, coresponsable diocésain de la pastorale liturgique et sacramentelle, service dont la mission est de promouvoir une meilleure connaissance de la liturgie de l’Eglise, non pas en vue de réussir des célébrations, mais de permettre à ceux qui les vivent d’en être nourris spirituellement par le Christ lui-même.
  4. enfin, tenant compte de ma carrière professionnelle et de mon implication durant deux mandats en tant qu’adjoint au maire de ma commune, mon évêque m’a chargé d’être présent auprès des personnes en responsabilité et de promouvoir avec elles le bien commun et le souci des plus pauvres. Cette mission me permet d’apporter la présence de l’Eglise au milieu du quotidien sur des postes avancés où le nom du Christ et la reconnaissance de l’Eglise font plus ou moins défaut et d’y être, au nom de l’Église, signe du Christ serviteur.

Voilà donc ce qui fait aujourd’hui mon quotidien, tâche ô combien captivante et qui me comble de joie, mais tâche également très prenante et néanmoins possible en raison de mon statut de retraité mais surtout du soutien permanent de mon épouse et de la grâce sacramentelle qui me donne chaque jour force et courage.
Ministres de la charité, de la Parole et de la liturgie, les diacres sont invités selon le mot de Charles de Foucauld à être « les mains de Jésus : c’est par elles que Jésus distribue le triple pain dont il nous nourrit : pain matériel, pain de la Parole divine, pain de l’Eucharistie. »
C’est ce que je m’efforce de réaliser humblement chaque jour avec joie.
Pierre Léouffre, diacre permanent

 


Le diaconat permanent existe dans le diocèse depuis le 25 mai 1995, date à laquelle j'ai été ordonné en même temps que Jacques Lustig. Depuis cette date le diocèse compte 9 diacres permanents ; nous étions 10 avant que M. Jean Boudoux ne soit ordonné prêtre (voir: catho04 cef.fr/ordinations).

 

9 diacres avec 9 missions différentes, 9 lieux de vie particuliers sans parler des parcours professionnels .... et du vécu familial de chacun.

 

Nous vous proposons durant les mois suivants de donner à chaque fois la parole à un diacre pour qu'il nous brosse un portrait de ce qui fait sa vie de diacre. Il ne dira pas tout ; ni ne donnera une définition du diaconat; un dossier plus théologique paraitra dans église de Digne au moment de l'ordination diaconale à venir.

 

Je me permets de commencer cette série avec un mot sur Jacques ordonné avec moi et décédé en 2009. Alors qu'il se savait déjà bien malade il a interpelé Mgr Pontier pour lui demander s'il était judicieux d'ordonner un homme malade qui ne pourrait plus faire grand-chose une fois diacre !

 

Et l'évêque de lui répondre que le ministère diaconal n'avait pas comme objectif premier de faire des choses mais d'être présence ... celle du Christ et de son Eglise ... pour et avec les personnes à qui le ministre est donné. Jacques a été complètement présent au monde de la santé où il a été un moment le délégué diocésain. Malade parmi les malades.

 

Pour ma part, au moment où le père Victor Gourdon m'a interpellé, marié à Brigitte, nous avions déjà 5 enfants ; Jean est né pendant le cheminement et Sophie a vu le jour quelques temps après mon ordination. Bref, marié, en charge d'enfants en bas âge et employé à temps plein dans un laboratoire, il ne restait plus guère de temps pour là aussi faire des choses ! Les paroissiens d'Aiglun m'ont vu plus souvent au sein de l'assemblée qu'à l'autel !

 

Onze ans en pastorale familiale et six années dans l'accompagnement et interpellation de ceux qui cheminent vers le diaconat m'ont permis de donner une certaine visibilité de l'action du Christ dans le monde d'aujourd'hui ; mais c'est surtout dans la fidélité de la prière de l'Eglise - bréviaire et/ou oraison quotidiennes - que se déploie mon ministère vue la disponibilité de mon «agenda» qui se remplit tant par ma profession que par ma vie de famille qui compte également deux petits enfants «parisiens».

 

La participation à l'équipe pastorale d'archiprêtré est aussi un lieu important de l'expression diaconale, sans parler des célébrations -baptêmes, mariages, et assemblées dominicales- auxquelles j'essaie de donner une coloration particulière.

 

En résumé, j'aborde bientôt ma 17ème année de ministère avec toujours autant de plaisir d'être «choisi pour servir en Sa présence» selon l'antienne de notre ordination, Jacques et moi (prière eucharistique n° 2).

 

A suivre donc, avec l'expression d'autres diacres diocésains...

 

Heureux de ces partages…. fraternels, pensées à chacun de vous.

 

Michel Ningel, diacre (michel@catho04.cef.fr)

extrait Eglise de Digne mai 2011

 

 

 

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10 ANNEES DE DIACONAT CELA SE FETE

 

( lire l'homélie de Mgr Loizeau )

 

 

            C’est avec beaucoup de joie et d’émotion que nous avons fêté, ce 27 juin 2009, au Bartéu, au cours d’une messe solennelle  d’action de grâce, le jubilé des 10 ans de diaconat du frère Jean- Pierre Marie ROSINS de la communauté de Saint Jean, de Mario RONCELLI de l’ Archiprêtré de Moyenne Durance et Guy JEAMPIERRE de l’Archiprêtré du plateau des lavandes.

 

les jubilaires et leurs épouses entourant Monseigneur Loizeau

 

            Notre Evêque, Monseigneur François-Xavier LOIZEAU assisté du Père Christophe Disdier-Chave vicaire général entouré de nombreux prêtres des secteurs concernés et des diacres du diocèse à rappelé dans son homélie l’importance du diaconat dans notre Eglise diocésaine. Comme il l’a souligné les prêtres et lui même ont été avant tout des diacres.

 

            Une nombreuse assistance chaleureuse et priante a entouré les jubilaires de son amitié et de son soutient pour les différentes missions qui leur sont confiées.

 

            Après la célébration, un partage fraternel a terminé la soirée autour d’un repas, dans une ambiance joyeuse d’échanges et de convivialité.


 

mais au fait savez vous ce qu'est un diacre permanent
à vous de tester vos connaissances ! 

 




Digne Riez Sisteron


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